Régis Labeaume dit avoir en main toutes les statistiques démontrant que les policiers de Québec émettent beaucoup moins de constats d'infraction depuis le début des négociations.
Jusqu'en Cour Suprême s'il le faut
Régis Labeaume veut faire cesser le «moyen de pression illégal» des policiers
Plus que jamais convaincu que les policiers de Québec mettent la pédale douce dans l'émission de constats d'infractions dans le contexte des négociations houleuses qu'on connaît, le maire Régis Labeaume assure qu'il est prêt à aller jusqu'aux derniers recours légaux afin de forcer le syndicat à cesser ce moyen de pression. «Notre devoir est de nous assurer que la population est en sécurité et nous avons la conviction qu'actuellement, ce n'est pas le cas», affirme-t-il.
La Ville de Québec prétend que depuis le début des négociations en novembre 2007, les policiers ont émis la moitié moins de constats d'infraction qu'en situation normale. Mais jusqu'à maintenant, ses tentatives de faire confirmer cette situation par le Conseil des services essentiels et la Cour Supérieure ont échoué. Ces échecs n'ont pas refroidi les ardeurs de Régis Labeaume qui est déterminé à aller jusqu'au bout.
«Aucune raison ne peut justifier l'écart énorme entre Québec et Montréal en terme de billets d'infractions, soutient-il. À chaque fois qu'on émet moins de billets, il y a plus d'accidents. C'est statistiquement prouvé.»
S'ils partagent les préoccupations du maire quant à la sécurité des gens, plusieurs élus du RMQ remettent toutefois en doute la façon de faire du comité exécutif.
«Est-ce qu'il y a une stratégie pour relancer les discussions avec le syndicat, demande le conseiller Alain Loubier. La meilleure façon de régler cette question, si jamais il est démontré qu'il y a une stratégie concertée, n'est-elle pas de s'entendre avec les policiers ?»
Réclamant un peu plus de solidarité de la part des membres du conseil municipal, Régis Labeaume se dit convaincu que la Fraternité des policiers ne veut pas négocier et qu'elle préfère attendre le résultat de l'arbitrage. Il est d'ailleurs plutôt cinglant envers cette procédure accordée aux policiers et pompiers étant donné qu'ils n'ont pas droit à la grève.
«Historiquement, l'arbitrage ne tranche jamais au détriment des syndiqués et ils savent que c'est par cette voie qu'ils perdront le moins, mentionne-t-il. Pour eux, venir négocier, c'est accepter moins que l'arbitrage.»
Après les patinoires, les piscines
La fermeture au cours des derniers jours de la plupart des piscines extérieures de la ville alors que le soleil semble finalement décidé à sauver ce qui reste de l'été a aussi soulevé quelques vagues au conseil municipal.
«On a fermé les patinoires alors qu'on aurait encore pu jouer au hockey durant au moins 15 jours de plus et maintenant, on ferme les piscines alors qu'il commence à faire beau, souligne le conseiller Marc Simoneau. Quand le règlement décrétant les périodes d'activités a-t-il été revu pour la dernière fois ?»
Le maire de Québec dit avoir été «outré» d'apprendre la fermeture des piscines dans le journal. Il est alors allé aux sources ce qui lui a permis de comprendre certaines choses, notamment la difficulté de garder du personnel étudiant qui retourne à l'école.
«Mais il y aura au moins une piscine par arrondissement qui demeurera ouverte tant qu'il fera beau, promet-il toutefois. Ça me satisfait à moitié, mais c'est un début.»
Pour le reste, Régis Labeaume est ouvert à une révision du règlement qui permettrait d'adapter les heures d'ouverture des patinoires et des piscines aux demandes des citoyens.