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Une onde de choc pas encore tout à fait dissipée

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François Simard par François Simard
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Article mis en ligne le 20 août 2008 à 15:00
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Une onde de choc pas encore tout à fait dissipée
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Il y aura un an dans quelques jours, une grande dame du monde politique municipal nous jouait le vilain tour de nous quitter sans aucun avertissement, provoquant une onde de choc sans précédent dans la capitale qui n'est pas encore tout à fait dissipée. Certains lui vouaient une admiration sans bornes alors que d'autres ne pouvaient la voir dans leur soupe. Une chose est certaine; Andrée P. Boucher ne laissait personne indifférent.
Au cours de ma carrière de journaliste, j'ai eu à côtoyer Andrée P. Boucher des dernières années de son règne à Sainte-Foy jusqu'à la fin abrupte de son passage à la mairie de Québec. Durant cette période, j'ai recueilli bien des témoignages d'admiration pour celle que plusieurs appelaient affectueusement la mairesse, mais probablement autant de critiques que ce soit de conseillers municipaux ou de politiciens ayant eu à composer avec son caractère bouillant ou de simples citoyens en désaccord avec ses idées ou ses façons de faire.

Mais même les plus farouches opposants vouaient un grand respect à la Fidéenne dont l'intégrité pouvait difficilement être mise en doute. Travailleuse infatigable, elle maîtrisait parfaitement ses dossiers ce qui la rendait plutôt difficile à déstabiliser quand venait le temps de défendre ses positions au conseil municipal, que ce soit à Sainte-Foy ou à Québec. Parlez-en à Ann Bourget qui a appris à la dure le rôle de chef de l'opposition devant une politicienne aussi aguerrie.

Elle était d'une disponibilité exemplaire pour les médias et c'est avec son petit côté maîtresse d'école qu'elle s'appliquait à expliquer longuement ses arguments en ponctuant bien souvent le tout de grands éclats de rire. Je dois d'ailleurs admettre que Mme Boucher m'a grandement aidé dans mon apprentissage des rouages de l'appareil municipal, tant du point de vue politique qu'administratif.

Dans l'héritage laissé par la mairesse, plusieurs retiennent avec justesse la plage Jacques-Cartier, un site dont elle était particulièrement fière, et avec raison. Le jour n'est peut-être pas si lointain d'ailleurs où ce magnifique espace sera relié à la nouvelle promenade Samuel-De Champlain.

Et que dire de son controversé hôtel de ville de 41 M$ sinon qu'il est le parfait exemple de la détermination et de l'entêtement de la mairesse quand elle s'investissait dans un projet. Elle avait décidé que Sainte-Foy méritait un bâtiment de cette envergure et, malgré la tempête soulevée, elle a mené sa barque à destination contre vents et marées. Il est donc tout naturel que son nom soit donné à l'édifice qui deviendra le cœur administratif du futur arrondissement de Sainte-Foy¬–Sillery–Cap-Rouge.

Sa plus grande défaite politique aura sans aucun doute été de ne pas avoir pu bloquer les fusions forcées décrétées par le gouvernement du Parti québécois en 2001. La pilule a été d'autant plus difficile à avaler qu'elle a aussi perdu, en 2004, le référendum qui aurait permis la reconstitution de son ancienne ville.

Mais ce qui demeurera gravé dans la mémoire de plusieurs, c'est son peu d'affinités et de sympathie pour le milieu sportif. Sa croisade contre la tenue des Jeux olympiques d'hiver à Québec en 2002 n'est certainement pas le chapitre le plus glorieux de sa longue carrière politique. Heureusement que le 400e semble nous avoir sorti définitivement de la morosité qui a suivi ce triste épisode engendré par une solidarité régionale pour le moins fragile.

Si elle ne s'est jamais gênée pour ramener le dossier des fusions sur la table à la moindre occasion, c'est cependant avec la même rigueur et la même passion qui avaient été sa marque de commerce à Sainte-Foy qu'Andrée P. Boucher a dirigé les destinées de Québec durant un peu moins de deux ans. Sa vision du développement de la capitale était discutable à bien des points de vue, mais ses talents d'administratrice et son contact chaleureux avec les citoyens dont elle défendait les intérêts bec et ongles en ont néanmoins fait une mairesse très appréciée.

Avant de partir, elle avait amorcé un grand ménage dans les finances de la Ville que le maire Régis Labeaume semble déterminé à poursuivre. Voilà un autre élément important qui s'ajoutera au volumineux chapitre qu'occupera la mairesse dans le grand livre de l'histoire de Québec.

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