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L’herbicyclage, une pratique payante

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 19 août 2008 à 9:51
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L’herbicyclage, une pratique payante
Dans le secteur du boulevard Auclair, près de la rue de Nerval, certains résidents jettent leurs rognures de gazon et branches dans une falaise surplombant la rivière Cap-Rouge.
L’herbicyclage, une pratique payante
La Ville de Québec tolérait encore ceux qui se débarrassaient de leurs rognures de gazon dans le sac vert. Depuis cette semaine, ils sont passibles d’amendes. C’est peut-être ce qu’il fallait pour faire bouger les récalcitrants. Cela pourrait par contre entraîner une prolifération de comportements encore plus néfastes pour l’environnement.
La Ville de Québec s’attaque à un gros morceau afin d’atteindre son objectif de réduire de 60% la taille de notre sac de poubelle. Les rognures de gazon, les feuilles, les branches et autres résidus verts, qui forment jusqu’à 25 % de tous les déchets domestiques, ne seront plus acceptés, dès cette semaine, dans les sacs verts, pas plus que dans les écocentres.

C’est que les résidus verts coutent cher à la Ville, et ce, de plusieurs façons. Les transporter coute en manutention et en essence; de plus en plus cher. De plus, les rognures de gazon composées à 80% d’eau lorsqu’elles se retrouvent à l’incinérateur le refroidissent considérablement ce qui entraine des pertes pour la Ville qui vend, à l’usine de pâtes et papiers Stadacona, de la vapeur d’eau produite grâce à la combustion des déchets.

Plus de 9000 tonnes de gazon pourraient ainsi être détournées de l’incinération.

L’économie entraînée par la nouvelle réglementation n’entraînera sûrement pas une baisse des taxes, mais pourrait contribuer à éviter une hausse.

La Ville de Québec en est venue à la conclusion qu’il n’y a pas de raisons valables de récolter les rognures de gazon alors qu’il est à son avantage et à l’avantage des citoyens de les laisser sur leur pelouse. Les rognures servent d’engrais naturels en fournissant jusqu’à 30% des éléments nutritifs tels l’azote, le potassium et le phosphore à la pelouse. Elles retiennent l’eau et diminuent l’arrosage nécessaire; encore une économie pour la Ville.

En maintenant la longueur de la pelouse entre 7 et 8 cm, on maximise les bienfaits pour la pelouse de la technique de l’herbicyclage qui consiste tout simplement à laisser les résidus de coupe de gazon sur place.

Le citoyen, quant à lui, économise de quatre façons: du travail, du temps, des sacs de poubelle et du compost. La récolte de la pelouse, pratique illogique instaurée on ne sait pourquoi et par qui, était maintenue par mimétisme dans les quartiers et à cause aussi de certains mythes récurrents dont celui de la formation de chaume.

Mais certaines habitudes sont difficiles à casser. L’organisme Vivre en Ville a été chargé depuis quatre ans de faire de la sensibilisation sur le recyclage de l’herbe et des feuilles mortes auprès des citoyens de tous les arrondissements de Québec – sauf La Cité –, de L’Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures. Sonia Garneau, chargée de projet dans ce dossier pour l’organisme, constate qu’une infime portion de citoyens des quelque 8 000 foyers visités chaque été ne changeront jamais leurs pratiques peu écologiques tant qu’il n’y aura pas d’amendes. Ils seront peut-être servis bientôt. Souad Lyahiaoui, conseillère en communication à la Ville de Québec, explique toutefois que les amendes pourraient varier d’un arrondissement à l’autre parce que ce sont les arrondissements qui ont la tâche d’appliquer la réglementation.



Même si la Ville n’impose pas encore d’amendes, certains citoyens se débarrassent déjà de façon douteuse de leurs résidus verts comme a pu le constater Québec Hebdo dans l’arrondissement Laurentien.

Des dizaines de sacs de poubelle contenant des restes de résidus verts sont visibles dans un canal adjacent à la route Jean-Gauvin, derrière l’aéroport Jean-Lesage. Dans le secteur du boulevard Auclair, près de la rue de Nerval, certains résidents jettent leurs rognures de gazon et branches dans une falaise surplombant la rivière Cap-Rouge.

Les récalcitrants pourraient éventuellement plier sous le regard des voisins. «Je ne comprends tout simplement pas les gens qui ramassent leurs résidus de gazon, estime Sylvie Caron, une résidente du boulevard Auclair. Ça fait des années que je les laisse sur le sol. Ça fait peut-être un peu plus de brins d’herbe dans la maison, mais c’est tout.»
Avantage de l’herbicyclage
Pour la Ville de Québec :

Économie de transport, d’essence, de manutention, d’eau potable

Optimisation de l’efficacité de l’incinérateur

Pour les citoyens:

Économie de sacs de poubelle, d’engrais naturels, de temps, de travail

Prévention de l'apparition d'insectes, de mauvaises herbes et de maladies

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