Le souci de la vérité dans les religions
Dans son article paru dans LE SOLEIL du 26 juillet dernier, Daphnée Dion-Viens écrit: «Selon les préceptes de l'islam, le prophète ne peut être représenté». D'après les livres sur l'islam que je possède, dont «Comprendre l'islam» de Ludwig Quentin et le «Larousse des religions», il existe des représentations de Mahomet, donc du prophète avec un visage.
Voici, à titre d'exemple, deux autres «informations» qui ne sont pas véhiculées dans les mosquées. 1) «Pour préparer la Vulgate [le Coran], Othman a fait usage de quatre codex, dont nous ne possédons aujourd'hui aucune trace» - (Ludwig Quentin); 2) «Dans les premiers temps de l'islam, le voile n'avait aucune portée religieuse. Le voile, comme la réclusion, n'avait pour seul but que d'établir une distinction de classe : le voile et le vêtement étaient des signes distinctifs entre les femmes nobles - les femmes du prophète d'abord, les autres plus tard - et les prostituées» - (Ludwig Quentin).
Si, d'après les commissaires Bouchard et Taylor, «le moyen de surmonter l'islamophobie, c'est de se rapprocher des musulmans et non de les fuir», cette religion suscite malheureusement l'islamophobie en continuant d'avoir mauvaise presse. D'après l'article «L'homosexualité, une maladie occidentale?» (revue Le Point 56 - GGTV ©), le 18 mai dernier, le président de la Gambie a ordonné à tous les homosexuels et lesbiennes de «quitter le pays dans les 24 heures ou [de] faire face à de graves conséquences [...] «Nous sommes une nation musulmane et nous ne pouvons accepter de tels individus sur notre sol», a encore ajouté le président, rappelant que la loi gambienne était comparable à la loi iranienne sur le sujet».
Espérons qu'avec les années, le cours d'éthique et de culture religieuse facilitera davantage l'acceptation et l'intégration de croyants issus des religions prédisposant à l'intégrisme, grâce à une bonne présentation de leurs croyances et coutumes réalisée dans le souci de la vérité historique. Un grand défi non seulement pour les professeurs du nouveau cours, mais également pour tous ceux et celles qui aborderont les religions dans les médias.
Jean-Charles Castilloux, Québec