Repousser l'âge de la retraite pourrait atténuer les effets du choc démographique qui guette l'économie du Québec.
Choc démographique: trop tard pour renverser la vapeur
Une immigration plus forte et un rehaussement du taux de natalité ni changeront rien. Le Québec s'apprête à vivre un choc démographique et le mieux que nous puissions faire, c'est de trouver des solutions pour en amoindrir les effets, révèle le plus récent Point de vue économique de Desjardins.
Sous l'effet conjugué du vieillissement et de la baisse de la population, le taux de chômage subira des pressions à la baisse. Bien qu'à première vue, une chute du taux de chômage semble être une bonne nouvelle, lorsqu'elle est provoquée par une baisse du bassin de main-d'oeuvre, elle peut avoir de lourdes conséquences sur la croissance économique et le marché du travail.
Même si les cibles d'immigration sont rehaussées et le taux de natalité augmenté, «il faut se rendre à l'évidence: à court et à moyen terme, les dés sont jetés», écrit Desjardins. En fait, selon les données de Statistiques Canada, «seule l’arrivée annuelle de 300 000 personnes de l’extérieur arriverait à faire la différence entre une baisse ou une stagnation de la population de 15 à 64 ans. Or, il s’agit de l’équivalent du nombre d’étrangers qui entrent chaque année au Canada!»
De la même façon, même un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme (le taux nécessaire au remplacement des générations) n'aurait un impact qu'après plusieurs années. Malgré que ce taux soit passé de 1,5 à 1,7 de 2005 à 2007, nous sommes encore loin du compte.
Atténuer plutôt qu'éviter
Ces deux avenues ont tout de même le mérite d'atténuer les effets du choc démographique et Desjardins souhaite que les gouvernements s'y attardent. Toutefois, pour des mesures plus immédiates, Desjardins suggère que l'on se tourne vers l'intégration d'une part grandissante de la population sur le marché du travail. «Actuellement, environ 400 000 personnes se trouvent sans emploi, mais disponibles pour le travail», souligne Desjardins.
Le mouvement coopératif prône un accès plus large au marché du travail pour certains travailleurs atypiques, comme les femmes ayant de jeunes enfants ou les gens avec des horaires irréguliers. «Par exemple, le gouvernement pourrait mettre en place des services de garde ouverts en soirée et durant les fins de semaine.» Un assouplissement des lois du travail et des barrières interprovinciales, ainsi que des mesures pour rehausser la formation et le développement des compétences peuvent aussi faire partie de la solution. Finalement, Desjardins suggère au gouvernement de repousser l'âge de la retraite. «Mine de rien, si l’âge moyen de la retraite était retardé de deux ans, l’incidence sur le bassin de travailleurs disponibles serait importante.»<@S2>(JPL)
salim filali
Commentaire mis en ligne le 16 août 2008hanta asidi yallah nwaliw el canada