Sur environ 50 000 appels reçus l’an passé, Écoute Secours n’a pu répondre qu’à 5000 à 6000 d’entre eux à cause du manque de bénévoles. (Photo Luc Fournier)
Des lignes d’entraide peinent à trouver des bénévoles
Dossier : Pénurie de bénévoles appréhendée
Les organismes ayant un besoin criant de bénévoles sont de plus en plus nombreux. Parmi eux, Écoute Secours, un centre d’écoute psychospirituel, peine à suffire aux appels qui leur sont acheminés. En fait, ils peuvent n’en traiter que 10 à 15 %. Difficile de savoir ce que l’autre 85 % des gens qui appellent et se cognent le nez – ou l’oreille – sur une ligne occupée font...
L’apport social qu’offre un tel service d’écoute téléphonique est indéniable. Selon la directrice générale d’Écoute Secours, Vivianne Barbeau, «les gens qui appellent [ce genre de ligne d’aide] pour avoir du soutien, ce sont des gens en moins à l’urgence.» Un tel support moral contribuerait donc à désengorger le système de santé.
Le hic, c’est qu’on manque de bénévoles pour accueillir tous les appels. Bien qu’une soixantaine de personnes se relaient pour offrir un service de 9 h le matin jusqu’à 23 h, et ce, sept jours sur sept, il faudrait, pour s’assurer que tous les appels soient traités, près du double d’«écouteurs».
C’est pourquoi Écoute Secours est en constante période de recrutement de bénévole. «Pour être bénévole, il faut avoir de bonnes disponibilités et pouvoir aller au-delà des préjugés», souligne Mme Barbeau.
Les bénévoles reçoivent d’ailleurs une formation continue et gratuite sur différents sujets. Comprendre le non-dit, la façon d’aider une personne aux prises avec un trouble mental et la gestion de la dépendance affective ne sont que des exemples de cours et conférences auxquels doivent assister les bénévoles voulant faire de l’écoute téléphonique.
Car les bénévoles doivent être bien préparés. Il s’agit d’une responsabilité importante, puisque des gens en détresse sont à l’autre bout du fil. Bien qu’il soit un don de soi et de son temps, le bénévolat doit aussi être bien encadré.
D’ailleurs, la directrice est claire sur ce point : «devenir bénévole, c’est aussi un engagement. Il faut faire des horaires, on ne peut dire aux gens de venir quand ils veulent puisque ça prend au moins un bénévole par plage horaire afin de pouvoir continuer à offrir un service continu».
La principale fonction d’un tel bénévole est d’assurer une présence. «La plupart de nos appels concernent la solitude et l’isolement. Ces gens sont de tous âges, indique Mme Barbeau, quoique les personnes âgées semblent plus portées à se sentir seules.» Les appels sont d’une durée moyenne de 20 à 30 minutes. Pendant ce moment, on arrive à bien situer le problème et à réconforter la personne dans le besoin.
Financement difficile à obtenir
Le petit organisme a aussi besoin de gens pour assurer la tenue d’activités de financement, ceux-ci étant pratiquement le seul moyen pour l’organisme de survivre. «Chaque année, on doit aller chercher plus de 65 000 $ afin de continuer à opérer», souligne la directrice dont la seule subvention provient du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Bien que Centraide aide généralement ce type d’organisme, Écoute Secours n’a pu toucher d’aide de leur part en raison de l’aspect spirituel de la ligne d’écoute. «Il y a quelques années, nous avons changé le nom de l’organisme qui s’appelait Prière Secours. Pourtant, ça n’a pas suffi pour qu’on puisse obtenir de telles subventions, a continué Mme Barbeau qui n’a pas caché sa déception. On ne sait pas où ça a bloqué… Il y a même des communautés religieuses qui ont cessé de donner à Centraide parce que [cet organisme] préfère donner à des organismes n’ayant aucun lien avec la religion».
Pour devenir bénévole ou pour des informations sur Écoute Secours, on peut visiter le
www.ecoutesecours.com ou appeler au 418-687-3553.