La vente de l'école Saint-Louis-de-Gonzague à l'Académie Saint-Louis a pour conséquence de forcer l'École oraliste pour enfants sourds de Québec à déménager une quatrième fois en sept ans. (Photo Frédérick Masson)
Les dirigeants de l'École oraliste pour enfants sourds sous le choc
Saint-Louis-de-Gonzague s'exile vers Lebourgneuf
L'école Saint-Louis-de-Gonzague quitte le Vieux-Québec. Fondée en 1899 par les Sœurs de la Charité de Québec, l'institution a été acquise par l'Académie Saint-Louis et déménagera ses pénates dans le secteur Lebourgneuf en 2010. Si la nouvelle permet à l'établissement d'enseignement de poursuivre sa mission éducative, elle n'est pas sans créer une onde de choc chez les dirigeants de l'École oraliste pour enfants sourds de Québec.
C'est que cette dernière, dont l'œuvre vise à amener l'enfant qui vit avec une profonde surdité, parfois même totale, à utiliser la parole pour s'exprimer, est locataire depuis 2006 de locaux au sein de l'école Saint-Louis-de-Gonzague. Le déménagement de cette dernière a donc pour effet de jeter les oralistes à la rue.
«Nous sommes très peinés de ce qui arrive, de mentionner la directrice générale de l'École oraliste pour enfants sourds de Québec, Carole Girard. Pour nous, il s'agira d'un quatrième déménagement en à peine sept ans. Ça commence à être essoufflant.»
Pour l'institution, qui comte 32 élèves d'âges préscolaire, primaire et secondaire, l'annonce de l'acquisition de Saint-Louis-de-Gonzague par l'Académie Saint-Louis a eu l'effet d'une douche froide. D'autant plus que le secteur du Vieux-Québec s'avérait idéal pour le développement des jeunes.
«Nous sommes ici au cœur d'un véritable musée, lance Mme Girard. En quelques minutes, nos avons accès à la bibliothèque Gabrielle-Roy, à Place Royale et au Parc de l'Artillerie. Il s'agit d'un milieu unique pour un établissement comme le nôtre. Qui plus est, la proximité avec le Petit Séminaire de Québec, où sont localisés nos élèves du secondaire, était rêvée tant pour ces derniers que pour nos enseignants. Ce sera difficile à remplacer.»
Les prochains mois seront donc très occupés pour la directrice générale qui devra, en plus de rassurer son personnel, les parents et les élèves, s'affairer à dénicher un endroit pour se relocaliser. Bien qu'elle ne ferme aucune porte, elle ne cache pas souhaiter trouver un endroit central et facile d'accès. D'ici là, elle compte bien demeurer la plus transparente possible.
«Une chose est certaine, nous sommes ici jusqu'en juin 2010. Ensuite, quelle que soit notre adresse, notre objectif restera toujours le même, c'est-à-dire d'ouvrir les jeunes enfants sourds oralistes sur le monde en s'assurant que leur développement passe en priorité», conclut Mme Girard.