Trois en trois pour Francis Leclerc
Le réalisateur Francis Leclerc sort de l'ombre. Après Une jeune fille à la fenêtre et Mémoires affectives, deux œuvres d'une noirceur à couper au couteau, le fils d'un certain Félix troque le tonnerre pour l'éclair avec Un été sans point ni coup sûr.
Véritable éclat de lumière dans une saison estivale assombrie par des nuages sans cesse menaçants, Un été sans point ni coup sûr n'a rien du film de sport traditionnel. La raison : ce n'en est pas un! Exit les supervedettes, les scènes de championnats qui n'en finissent plus et les allusions aux gros salaires. Place aux vraies affaires.
Les vraies affaires, ce sont celles de Martin, 12 ans, qui n'a pour passion que le baseball. Retranchés du camp d'entraînement des Aristocrates au terme de la première journée d'essais, ses copains et lui se voient contraints de s'organiser des parties dans la ruelle. Jusqu'au jour où le père de Martin, un homme sans véritable intérêt pour la chose, s'improvise entraîneur afin de permettre à tous les rejetés de s'adonner à leur sport favori.
Touchant et humain, le long métrage inspiré du roman de Marc Robitaille s'avère une belle leçon de vie. Dirigés par un Patrice Robitaille qu'on a l'impression de redécouvrir de réplique en réplique, les gamins vêtus de chandails de hockey feront fi du fait que l'espace vert sur lequel ils évoluent ressemble davantage à un champ de patates qu'à un terrain de baseball et passeront un des plus beaux étés de leur vie. Un été sans point si coup sûr, dont l'apogée sera le match les opposant aux Aristocrates.
Sans s'inscrire parmi les grands crus de l'année 2008, le Francis Leclerc nouveau se veut davantage qu'un simple divertissement. Misant sur une réalisation plus qu'efficace à laquelle ont été greffées quelques images d'archives des Expos de Montréal, le résultat final ne sera pas sans rappeler aux plus nostalgiques cet été de 1969, au cours duquel les Mack Jones, Rusty Staub et Coco Laboy ont fait vibrer les amateurs réunis au parc Jarry.
Et que dire du choix des interprètes, si ce n'est qu'il est tout simplement parfait. De Martin (Pierre Luc Funk) à La Crevette (Jean-Carl Boucher), en passant par le Grand Pete (Victor Desjardins) et Proulx (Simon Pigeon), les gamins donnent l'impression d'habiter leurs personnages. Brillante performance également de Roy Dupuis, qui cadre parfaitement dans le rôle du détestable entraîneur-chef des Aristocrates.
Bref, Un été sans point ni coup sûr mérite sans contredit le détour, tant pour son contenu que pour son contenant. Comme quoi le réalisateur a beaucoup de talent, confirmant le vieil adage «La pomme ne tombe jamais loin du pommier.»
Veuillez prendre note que la chronique Entre deux sorties fera relâche pour les deux prochaines semaines. De retour le 6 septembre!