L'homme politique à l'œuvre.
Un grand chef d'orchestre : Jean Lesage (1912-1980)
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
Mai 1958. Jean Lesage prend la relève de Georges-Émile Lapalme comme chef du Parti libéral du Québec. L'ancien député fédéral de Montmagny-L'Islet sillonne la province, pourfendant le régime usé de l'Union nationale.
Il présente un programme complet de gouvernement, aux antipodes du catalogue habituel de promesses vagues. «C'est le temps que ça change». Ce slogan percutant fait preuve de la détermination libérale. Un vent de libération enivre le Québec, sous la férule habile d'un dynamique chef d'orchestre.
Juin 1960. «L'équipe du tonnerre» prend le pouvoir et se lance tous azimuts. Des solistes impétueux sont au rendez-vous de la Révolution tranquille. Autour de Lesage, le virtuose maestro, des ministres ardents multiplient les réformes et les initiatives audacieuses.
Lesage avait promis qu'il ne créerait pas de ministère de l'Éducation. Or, après la publication du rapport Parent, il fait de l’éducation le fer de lance de la modernité québécoise.
«La Reine ne négocie pas avec ses sujets», proclame le chef libéral. Pourtant, il donne à la fonction publique ses titres de noblesse.
1962. «Maîtres chez nous». Faisant sien ce cri de ralliement du chanoine Groulx, le premier ministre amorce avec succès la nationalisation de l'électricité et une panoplie de réformes importantes.
Protagoniste d'une «politique de grandeur», il promeut le rayonnement international des compétences québécoises. Lesage est le premier à parler haut et fort de «l’État du Québec». Autonomiste pragmatique, il préconise «un Québec fort dans une nouvelle fédération».
Juin 1966. «Ça va trop vite», décrient les nostalgiques du prétendu bon vieux temps. Daniel Johnson défait Lesage. Bourreau de travail, ce dernier reste chef de l'opposition, puis conseiller de son successeur, Robert Bourassa, qui redonne le pouvoir aux Libéraux en avril 1970.
Mai 1980. Malade, Jean Lesage fait campagne pour le «non» référendaire aux côtés de Bourassa et de Claude Ryan.
Décembre 1980. Décès du grand chef d'orchestre. Son héritage est magistral, exemplaire, incontournable.
* (Collaboration spéciale Gilles Lesage)