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Événement : alerte à la surutilisation!

Article mis en ligne le 12 août 2008 à 8:10
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Événement : alerte à la surutilisation!
Depuis quelques années, le mot « événement » élargit son territoire sémantique sous l’influence de son frère anglais, « event », en raison de la limitation du laxisme des rédacteurs et sans doute aussi sous la pression du jargon de prestige.
En français, un événement est ce qui arrive, ce qui se produit. Ce n’est pas ce qu’on organise, ce qu’on photographie, ce qu’on anime, ce qu’on préside, ce qu’on déplace de ville en ville, ce qu’on annule, ce qu’on ajourne ou ce qu’on réédite. On ne se rend pas à un événement. L’utilisation du mot dans de tels contextes n’est pas (encore) pris en compte par les dictionnaires d’usage ni signalé par les dictionnaires normatifs ou critiques.

Le mot « événement » est un tueur : il fait une lutte sans merci aux mots spectacles, congrès, accidents, tables rondes, séminaires, salons internationaux, conférences, réunions, activités, manifestations ou marches de protestation, compétitions sportives…et même à soldes ou à braderies.

On constatera que les médias électroniques qualifient d’événement la moindre activité à venir. C’est prendre un risque inutile. Les événements annoncés se révèlent souvent de simples rencontres de routine, des réunions ordinaires, de petites manifestations. Et en même temps, on masque des mots significatifs et concrets qui ne méritent pas de disparaître. Mais les activités envisagées pourraient faire événement.

Malheureusement les relayeurs, journalistes et publicitaires, les hommes et les femmes politiques, cèdent devant la force du mot anglais « event » et devant la manie du jargon de prestige.

Mais il reste qu’on n’organise pas d’événements, pas plus qu’on peut construire des « immeubles historiques ». À moins d’être un deus ex machina.

* (Source : Association pour le soutien et l'usage de la langue française - ASULF)

Information : www.asulf.ca

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