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Co2 Solution: de gaz à effet de serre à p’tite vache

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 10 août 2008 à 9:34
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Co2 Solution: de gaz à effet de serre à p’tite vache
La concurrence est plus rude qu’il y a dix ans dans le domaine:«Disons qu’il y a plus de gros joueurs avec de gros moyens sur le terrain.» – Sylvie Fradette, vice-présidente, Recherche et développement chez Co2 Solution.(Photo Eric Boucher)
Co2 Solution: de gaz à effet de serre à p’tite vache
Les choses bougent lentement pour Co2 Solution. L’entreprise de Québec était pourtant promise, il y a quelques années, à devenir un joueur clé de la lutte au changement climatique par la captation du co2. Mais les choses pourraient s’accélérer, comme les changements climatiques…
La taille de l’entreprise n’a pas beaucoup changée, depuis sa naissance, il y a une dizaine d’années. «Ça bougeait très lentement principalement à cause du manque de réglementation au Canada, explique Sylvie Fradette, vice-présidente, Recherche et développement chez Co2 Solution, mais là on sent que le vent tourne. Nous avons pu tester notre technologie à l’incinérateur de Québec pendant une semaine; mais pas à pleine échelle. Par comparaison une centrale thermique au charbon produit 4M de tonnes de co2 par année; l’incinérateur en émet 330 000. Les tests ont été concluants, mais pour l’industrie on a encore nos preuves à faire. Et c’est tout ce qu’on souhaite.»

Et pour ce faire, l’entreprise compte bien profiter des récentes annonces du gouvernement conservateur afin de démontrer sa capacité à livrer la marchandise. Le cadre réglementaire concernant les émissions de co2, attendu depuis longtemps, a été finalement annoncé par le gouvernement fédéral au printemps dernier et du même coup le ministre de l’Environnement, John Baird, dégageait 250M$ qui serviront au cours des quatre prochaines années au développement en sciences et technologies d'énergie propre et à la diminution des émissions canadiennes de gaz à effet de serre.

Le gouvernement albertain sentant la pression a emboité le pas au gouvernement fédéral en imposant dès 2012 des normes sévères d’émissions aux nouvelles installations d’exploitation des gaz bitumineux. L’Alberta pourrait représenter le principal marché canadien pour Co2 Solution.

De plus, même si l’entreprise semble faire du surplace depuis une dizaine d’années, le milieu des affaires croit toujours en elle. Co2 Solution a réussi à aller chercher 2,3M$ en financement récemment. L’entreprise compte capitaliser sur ces bonnes nouvelles afin d’enfin faire la démonstration à pleine échelle de sa technologie chez un grand émetteur.
D’autres gros joueurs
Mais Mme Fradette, l’admet d’emblée, la concurrence est plus rude qu’il y a dix ans:«Disons qu’il y a plus de gros joueurs avec de gros moyens sur le terrain.»
Dans l’optique de consolider sa position, l’entreprise s’est associé avec une firme d’ingénierie de Montréal, GCM Consultants, afin d’offrir un service plus complet aux entreprises, un service clé en main. «Nous ne sommes plus seulement un équipementier», explique-t-elle.

C’est un projet de recherche à l’Université Laval, il y a une quinzaine d’années, qui a donné naissance au procédé biologique de CO2 Solution. La technologie peut transformer le gaz carbonique en un bicarbonate inoffensif pour l’environnement. Une enzyme naturelle agit comme catalyseur en accélérant plus d’un million de fois le processus naturel de transformation dans l’eau du co2. Le concept reprend un peu à son compte le système organique du transport et de l’élimination du co2. L’enzyme présent dans tous les organismes vivants peut-être cultivé en grande quantité par clonage en laboratoire.

Ce bioréacteur éliminera le co2 à la sortie des cheminées des cimenteries, centrales thermiques au charbon et installations d’exploitation des sables bitumineux qui émettent près de 60% de tous les gaz à effet de serre. «Nous visons principalement le marché nord-américain. Aux États-Unis, les centrales thermiques au charbon produisent 60% des émissions de co2 pour le secteur de l’énergie. Il y a énormément de potentiel de ce côté-là.»

L’avantage principal de l’entreprise par rapport aux autres joueurs est la petite taille de l’équipement et l’énergie moindre nécessaire au processus. Chaque tonne de co2 éliminée pourrait donc possiblement couter moins cher; ce que considèreront certainement les grands émetteurs dans cette dépense nette qui pourrait sous peu leur être rendue obligatoire. L’entreprise compte désormais, elle aussi, comme la majorité de ses concurrents séquestrer le co2, après sa captation et condensation, en l’enfouissant, à titre d’exemple, sous terre dans d’anciennes nappes de gaz naturel.

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