Parents parfois un mal nécessaire au soccer
(NDLR) Le soccer est sans contredit le sport qui connaît la plus grande progression auprès des jeunes adeptes. Toutefois, on ne peut pas vraiment dire que les parents, dans les estrades, soient toujours un exemple pour le développement de notre jeunesse. C'est parfois à se demander si certains ne mélangent pas leur initiation au soccer avec leur vieille passion pour le hockey. Un parent et entraîneur de renom, Helder Duarte, a récemment fait une poussée d'urticaire après avoir vu le comportement digne de la préhistoire de quelques grands fans de fiston et soeurette. À lui les prochaines lignes…
«Je ne voudrais pas généraliser, car ce ne sont pas tous les parents qui sont irrespectueux. Toutefois, il y a encore beaucoup trop qui le sont. En fait, il y a plusieurs catégories de parents dont on se passerait. Celles qui reviennent le plus souvent : les parents arbitres et les parents entraîneurs. J'assistais dernièrement à un match U-11 garçons (équipes composées pour la majorité de jeunes de 10 ans). J'étais dans les estrades avec les parents. L'arbitre, une jeune fille de 13 ou 14 ans qui en était probablement à son premier match était quelque peu hésitante sur l'appel de ses décisions.
Deux idiots de parents se mirent à l'invectiver. “Voyons, ouvre-toi les yeux, il te faudrait des lunettes”, “l'arbitre est pourrie, sa sœur doit jouer dans l'équipe ou c'est son père qui coache” disaient nos deux abrutis fiers d'avoir ébranlé l'adolescente. Quel est donc le motif qui pousse ces parents à agir ainsi? Je suis convaincu que dans le fond ce sont de bons parents, mais qui perdent la tête aussitôt qu'ils sont sur les lignes de côté. Comment peut-on nous demander, à nous entraîneurs, d'enseigner le respect des règles de l'adversaire, des coéquipiers, des arbitres et des entraîneurs quand en deux minutes de commentaires irréfléchis, on démoli tout ce qu'on tente de leur enseigner?
Bien souvent, les parents se mettent à critiquer les arbitres sur les décisions qu'ils ne connaissent même pas. La critique revenant plus souvent étant celle du hors jeu ou encore celle du contact épaule à épaule – c'est normal qu'un petit joueur se fasse tasser ou même qu'il tombe s'il y a un contact avec un plus grand et plus costaud — ça fait partie du jeu. Saviez-vous que 60 % des arbitres ayant suivi une formation cessent d'arbitrer après un an? Le motif principal est qu'ils se font engueuler par les parents ou entraîneurs.
On pourrait même parle de "parent entraîneur d'estrade". Il a une opinion sur le terrain et sur rien, L'entraîneur doit faire plus de changement, non, moins! Il faut qu'il surclasse son enfant, vivement le AAA, qu'il le fasse jouer en avant parce qu'il ne compte pas de but en défense (même si c'est le meilleur défenseur). On entend souvent les parents dire "mon enfant ne s'amuse pas, l'équipe ne gagne pas souvent", etc. Foutaise, la vérité c'est que ce sont les parents qui ne s'amusent pas et qui ne sont pas satisfaits de la façon dont ça se passe. Le jeune est-il réellement mécontent?
Pourquoi ne pas lui apprendre à persévérer et travailler plus fort? La solution facile est de changer d'équipe et de penser qu'on va vers "un gazon plus vert chez le voisin". Bien souvent, on revient au point de départ en se disant que finalement ce n'était pas si mal chez nous.»
Helder Duarte, parent et entraîneur de soccer