Pascale Giroux-Denis voue une véritable passion pour les papillons.
Pascale Giroux-Denis : entre deux battements d'ailes
Depuis 10 ans maintenant, la Volière à papillons du Domaine de Maizerets accueille annuellement des milliers de visiteurs désireux d'en apprendre davantage sur ces petits êtres synonymes d'élégance et de grâce. Un rendez-vous pour les passionnés, certes, mais aussi pour les néophytes qui souhaitent pousser plus loin leur curiosité et découvrir toute l'histoire qui se cache derrière chacun de ces spécimens qui, au Québec ou à travers le monde, virevoltent au gré du vent. Cette semaine, QUÉBEC HEBDO vous présente la coordonnatrice de l'endroit, Pascale Giroux-Denis.
Québec Hebdo – Mme Giroux-Denis, vous êtes depuis maintenant trois ans la coordonnatrice de la Volière à papillons du Domaine de Maizerets. D'où vient cette passion?
Pascale Giroux-Denis – Ça remonte à mon enfance. J'ai eu la chance de grandir à la campagne, plus précisément à Saint-Anselme de Bellechasse. Toute jeune, je passais des heures et des heures à l'extérieur, filet à la main, à courir à travers les fleurs dans le but d'attraper des papillons. Je les regardais, les étudiais, puis les relâchais en fin de journée pour mieux recommencer le lendemain. Pour moi, ces petits êtres vivants n'ont jamais été des «bibittes». Ils étaient plutôt synonymes de fascination. J'aimais leurs formes, leurs couleurs et leur façon de se déplacer. Ils sont si légers!
QH - Qu'est-ce qui vous a amenée à travailler à la Volière du Domaine de Maizerets?
PGD – C'est une longue histoire. Il y a quatre ans, j'étais à la recherche d'un emploi d'été et j'ai vu que la volière souhaitait embaucher un guide-interprète. Ce fut un véritable coup de foudre. Dès la deuxième année, on m'a offert le poste de coordonnatrice, fonction que j'occupe depuis trois ans maintenant. Mon intérêt est tel que j'ai même modifié mon cheminement de carrière, puisque je terminerai bientôt mon baccalauréat en biologie à l'Université Laval. Dans le futur, j'aimerais bien gagner ma vie en faisant de la vulgarisation scientifique, ce qui me permettrait d'apprendre des choses aux gens. Une passion que j'ai développée ici, à la volière.
QH - Qu'est-ce qui, selon vous, fait du papillon un être si exceptionnel?
PGD – C'est l'ensemble de l'œuvre! Plusieurs ont tendance à oublier que chaque papillon a d'abord été une chenille. Pour gagner ses ailes, cette même chenille a dû se fabriquer un cocon, duquel elle ressortira complètement transformée. N'est-ce pas fascinant?
QH – Quelle est la force principale de la Volière du Domaine de Maizerets?
PGD – À cette question, je réponds sans hésiter la très grande variété d'espèces – une quarantaine en moyenne – qui y sont représentées. Entre 400 et 500 papillons y vivent. Pour la première fois cette année, nous accueillons des papillons de l’Afrique. Sans compter les dizaines de morphos blancs du El Salvador, de grands papillons d’un blanc immaculé rarement retrouvés en volière, et les héliconides du Costa Rica, une famille de papillons qui se nourrit de grains de pollen et de nectar de fleurs. Leur durée de vie quintuple grâce à cette adaptation.
QH - La volière, c'est beaucoup plus que des papillons…
PGD - Bien sûr. Nous disposons aussi d'un vivarium où vivent des insectes tous aussi particuliers les uns que les autres. Nous avons même des scorpions!
QH - Quel message aimeriez-vous transmettre aux enfants qui, comme vous l'avez fait par le passé, s'adonnent à la «chasse» aux papillons?
PGD – Les papillons sont des petits êtres très fragiles. On peut les attraper, mais il est important de le faire avec délicatesse afin de ne pas les blesser. Après les avoir observés, il est fortement conseillé de les relâcher afin que la vie suive son cours. Il ne faut pas voir la présence de papillons comme une nuisance… au contraire! La forte concentration de papillon à un endroit précis est synonyme d'un environnement sain. Plus il y en a, mieux c'est.
Jusqu'au 1er septembre, la Volière à papillon est accessible au public tous les jours de 11 h à 17 h, sauf en cas de pluie. Si vous passez y faire un tour, n'hésitez pas à piquer un brin de jasette avec Pascale Giroux-Denis. Son enthousiasme vous charmera.
* (Propos recueillis par Frédérick Masson, pendant le répit accordé au chroniqueur habituel Jean-Marc Pageau)
Bibiane Poulin
Commentaire mis en ligne le 3 août 2008Bravo Pascale, j'ai toujours su que tu étais une fille extraordinaire, et tellement belle par surcroit!