Mike Piazza
Le coup de bâton de Mike Piazza le conduira jusqu’à Cooperstown
Collaboration spéciale de Jacques Doucet
Pour faire plaisir à Tommy LaSorda, en 1988, les Dodgers de Los Angeles ont fait de Mike Piazza leur 62e choix lors de la séance annuelle de repêchage.
Qui aurait cru, au lendemain de cette 1 392e sélection, que ce jeune homme allait un jour frapper à la porte du Temple de la renommée du baseball de Cooperstown. Et quand je dis «frapper», c’est parce que c’est le coup de bâton de Mike Piazza qui lui vaudra, dans cinq ans peut-être, sa niche chez les immortels du baseball.
J’ai eu le privilège de voir à l’œuvre deux des meilleurs receveurs des années ’70 et’80 en Johnny Bench, des Reds de Cincinnati et Gary Carter, qui a passé la majeure partie de ses 19 saisons sous la grande tente avec les Expos de Montréal. Soit avant que Piazza n’entre en scène.
Un rapide coup d’œil comparatif :
Johnny Bench : 17 saisons, toutes avec les Reds; moyenne en carrière de ,267 avec 389 circuits et 1 376 points produits en 2 158 matchs; 14 matchs des étoiles (13 d’affilée); deux fois comme joueur le plus utile de la Ligue nationale; 10 gants d’or et élu au Temple de la renommée en 1989.
Gary Carter : 19 saisons, 12 avec les Expos; moyenne en carrière de ,262 avec 324 circuits et 1 225 points produits en 2 296 parties; 11 matchs des étoiles (10 de suite); trois gants d’or; cinq bâtons d’argent et élu au Temple de la renommée en 2003.
Mike Piazza : 16 saisons (dont six avec les Dodgers et sept avec les Mets); moyenne en carrière de ,308 avec 427 circuits et 1 335 points produits en 1 912 parties; 12 matchs des étoiles (10 de suite) et 10 bâtons d’argent; aucun gant d’or.
Si Carter a été le dauphin de Bench, et que les deux joueurs étaient des piliers tant en attaque qu’en défensive, Piazza aura été vraiment un joueur unidimentionnel : l’attaque.
Toutefois, ses carences défensives de l’empêcheront pas d’aller rejoindre Bench et Carter d’ici quelques années. Piazza sera éligible dans cinq ans et il ne sera probablement pas élu au premier tour de scrutin, mais un jour il le sera.
Ce jour là, il pourra aussi revendiquer deux faits inusités dans les annales du baseball majeur. Il sera sûrement le seul joueur repêché en 62e ronde à être admis à Cooperstown et probablement le plus riche. Car son coup de bâton lui aura rapporté plus de 120 millions au cours de sa carrière!