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L'histoire de la paroisse Saint-Charles-Borromée en six capsules

Un brin d'histoire avec la Fondation Saint-Charles Borromée

Article mis en ligne le 20 juillet 2008 à 15:25
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L'histoire de la paroisse Saint-Charles-Borromée en six capsules
L'église Saint-Charles-Borromé de Charlesbourg. (Photo gracieuseté Ville de Québec)
L'histoire de la paroisse Saint-Charles-Borromée en six capsules
Un brin d'histoire avec la Fondation Saint-Charles Borromée
Capsule no 1 : À qui doit-on les plans de l’église actuelle de Charlesbourg?
La population de Charlesbourg augmente et il faut songer à construire une nouvelle église. Jérôme Demers, supérieur du Séminaire de Québec et vicaire général du diocèse, a rédigé un précis d’architecture où se résument ses idées. Il est en excellent terme avec Thomas Baillargé. C’est l’occasion de mettre ses théories à exécution. Après un débat sur l’orientation de l’église, on choisit de construire un temple qui aura 120 pieds français de longueur et 58 de largeur, orienté vers Jérusalem comme l’ancienne. On privilégie une église à chevet plat afin d’y adosser la sacristie et un étage pour loger la Congrégation qui assume les frais de sa chapelle. Là, loge maintenant la galerie des curés. Le chœur plus étroit que la nef et deux chapelles latérales lui donneront le plan d’une croix latine. Le curé Antoine Bédard, enfant de la paroisse, préside les travaux.
Capsule no 2 : Pourquoi une église orientée vers l’est?
Mgr Plessis, évêque de Québec à l’époque où se décide la construction de l’église, aurait voulu voir la façade de l’église depuis les hauteurs de Québec, ce qui impliquait une orientation nord-sud. Le curé Antoine Bédard, enfant de la paroisse ne partage pas son avis. Il veut une orientation traditionnelle vers Jérusalem, donc vers l’est. Presque toutes les églises d’occident observent cette règle, même au Québec. Observez bien l’orientation des vieilles églises québécoises. La mort de l’évêque survient à point et permet au curé Bédard d’agir à sa guise.
Capsule no 3 : Qui a travaillé à l’édification de la vieille église de Charlesbourg?
Vous avez peut-être un ancêtre dans la lignée des constructeurs de l’église de Charlesbourg, à part l’abbé Jérôme Demers, initiateur du projet de l’église, et Thomas Baillargé, son architecte, mort célibataire. La maçonnerie est confiée à André Bergevin, dit Langevin, et Pierre Bélanger de Saint-Roch à Québec. Antoine et Régis Lapointe érigent la charpente. Jean Guérard et Étienne Roy, dit Audy, de Québec, posent les planches de la toiture. Étienne Darveau de Deschambault taille les 70 000 bardeaux qui la recouvrent et François Barbeau les pose. On doit les portes et les fenêtres à Noël Dorion, cultivateur de Charlesbourg. Charles Pageot réalise la galerie en pente. On choisit André Pâquet pour les sculptures intérieures.
Capsule no 4 : Que caractérise l’intérieur de l’église Saint-Charles-Borromée?
Dès l’entrée, nous sommes saisis par l’unité et la richesse de l’ornementation de la main du sculpteur André Pâquet. Le retable reprend l’idée des arcs de triomphe que les Romains anciens élevaient à leurs empereurs. Celui-ci célèbre l’Agneau qui triomphe de la mort, ensemble symbolisé par un agneau couché sur une croix inclinée. Au centre, une peinture reprise de Mignard et venant de l’église précédente nous montre Saint Charles Borromée distribuant la communion aux pestiférés de Milan. Dans deux niches au- dessus des portes menant à la sacristie, figurent Saint Pierre, évêque de Rome, et Saint Paul, apôtre des gentils. Dans son langage symbolique, sous nos yeux se résume le puissant courant ultramontain qui souffle sur la société québécoise de l’époque.
Capsule no 5 : D’où viennent les trois autels de l’église de Charlesbourg?
Au moment de l’ouverture en 1830, on a tout simplement déménagé l’autel central de l’ancienne église. En 1854, on élève les trois autels toujours en place de nos jours. Sans être sûr de leur sculpteur, leur ressemblance et leur intégration au décor déjà en place permettent de dire qu’elles sont de la même main et probablement d’André Pâquet. L’autel central reprend les lignes d’un édifice religieux qui rappelle Saint-Pierre de Rome. Les autels latéraux sont consacrés, celui de la chapelle nord, à la Vierge Marie, et, celui du sud, au Sacré Cœur.
Capsule no 6 : Savez-vous qu’un évêque a déjà vécu à Charlesbourg?
En 1759, les troupes anglaises pillent et brûlent les fermes de l’Île d’Orléans, bombardent la ville de Québec. La population civile vient se réfugier à Charlesbourg avec ses biens et ses animaux. Le désordre est total. On en perd même le livre des comptes de ces années. Parmi ces réfugiés de guerre, on compte Mgr de Pontbriand, à la tête du diocèse probablement le plus étendu que l’Église ait jamais occupé. Celui-ci s’étirait de la Baie d’Hudson au golfe du Mexique et des Appalaches aux Rocheuses. L’évêque meurt à Montréal en 1760. À la suite de la capitulation de Québec en septembre 1759, le curé de l’époque, Jean-Baptiste Morisseaux, devenu borgne d’un coup de fusil de son vicaire à la chasse, est même détenu comme prisonnier par les Anglais qui le soupçonnent de rébellion contre le pouvoir britannique.

* (Collaboration spéciale René Cloutier)

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