Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

L'essentiel (2)!

Article mis en ligne le 15 juillet 2008 à 5:50
Soyez le premier à commenter cet article
L'essentiel (2)!
En février dernier, je vous ai parlé d'un ami qui combattait vaillamment un cancer au cerveau. Normand est mort jeudi dernier. Il s’est éteint en même temps que s’éteignaient les derniers feux d’artifice célébrant les 400 ans de notre ville.
Il est décédé à la «merveilleuse maison Michel-Sarrazin». Il a choisi de partir en la seule présence de son épouse, Johanne, dont j’ai le goût de vous parler car on parle peu de ceux qui accompagnent. Les aidants naturels, comme on les appelle au ministère de la Santé. Qu’on se le dise, il n’y a rien de naturel à accompagner quelqu’un dans la mort, surtout s'il s’agit de la personne qu’on aime.

Johanne savait depuis le premier diagnostic. «Il s’agit d’un glioblastome, la plus maligne de toutes les tumeurs», avait dit le médecin. Après vérification dans Internet, elle savait. «Le glioblastome est incurable. Temps moyen de survie : 15 mois, avec traitements de chimio et de radiothéraphie», y a-t-elle lu. Pourtant, comme Normand, elle a voulu croire à l’exception. Avec lui, elle a combattu. Elle tenait l’agenda des rendez-vous, lui administrait les pilules et l’accompagnait aux traitements. Elle le réconfortait dans les moments de découragement. Elle l’entourait de son amour et facilitait la réalisation de ses désirs, comme cette croisière dans les Caraïbes effectuée ensemble l’hiver dernier.

Pendant que Normand faisait le brave, Johanne s’inquiétait pour lui. Quand il titubait, elle le supportait, blâmant comme lui le mauvais état de la chaussée plutôt que l’irrémédiable effet de la maladie. Quand, la nuit, il s’endormait enfin, elle sommeillait à ses côtés, surveillant sa respiration. Quand il se réveillait, angoissé, elle le réconfortait calmement. Quand il a eu besoin d’aide psychologique, elle a fait les démarches requises sans tenter de minimiser les frayeurs qu’il ressentait au plus profond de son être, les partageant plutôt avec lui. Quand, à son tour, elle a eu besoin d’aide professionnelle, elle le lui a caché pour ne pas l’inquiéter.

Comme lui, elle a fait semblant que la marchette serait une aide provisoire, le temps que la deuxième opération fasse son effet. La chaise roulante qui suivit la marchette n’était qu’un moyen pour l’aider, elle, à faciliter momentanément leurs déplacements. En attendant qu’il reprenne ses forces et puisse, enfin, recommencer à s’entraîner comme il en répétait son intention chaque jour.

Quand il a compris (il ne l’a jamais vraiment accepté) qu’il n’y avait plus d’espoir, elle l’a soutenu moralement, respectant sa volonté de demeurer à la maison le plus longtemps possible. Malgré sa propre fatigue, elle a préparé les purées, a changé ses couches et lui a donné ses bains. Après le transfert à Michel-Sarrazin, elle y a séjourné en quasi permanence, lui tenant la main, lui murmurant son amour à l’oreille, veillant sur lui jour et nuit, s’assurant de lui procurer le maximum de réconfort pour ses derniers jours.

Normand est mort doucement. Après son décès, on n’a pas pu lui fermer les yeux. Quand je l’ai vu, au petit matin, il les avait grands ouverts, fixés sur Johanne, la femme qu’il aimait.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • À votre avis, la campagne électorale provinciale est-elle trop exclusivement orientée sur l'économie?
  • Oui
  • Non