Lisane Tremblay, de La Petite Folie, en compagnie du chef Vincent Goulet.
Lisane Tremblay : ma Petite Folie de la semaine
Non je n’ai pas changé le titre de ma chronique, mais j’ai pensé vous faire partager une petite folie que je me permets de temps à autre. En effet, il m’arrive d’aller luncher dans un charmant petit restaurant, tout près des bureaux de Québec Hebdo. L’ambiance y est agréable et la table est vraiment délicieuse. Mais, ce qui m’y attire encore plus, c’est l’accueil chaleureux et la continuelle bonne humeur de la patronne. Je vous présente donc avec beaucoup de plaisir Lisane Tremblay, propriétaire du restaurant La Petite Folie, à Québec.
Québec Hebdo - Mme Tremblay, racontez-nous vos débuts en restauration!
Lisane Tremblay - «Je suis originaire d’Alma, au Lac Saint-Jean, et je suis arrivée à Québec en même temps que les bateaux en 1984! Mes parents étant propriétaires d’un restaurant à Alma (le Goofy), j’ai donc été élevée dans le domaine et j’ai commencé à y travailler très jeune. À l’âge de 20 ans, l’amour m’a transportée à Québec et j’y suis heureuse depuis ce temps.»
QH - Depuis votre arrivée à Québec, est-ce que vous avez toujours travaillé dans la restauration?
LT - «J’ai d’abord travaillé au bar-billard le Tapis Vert. Je désirais acquérir de l’expérience comme barmaid. J’y suis restée pendant deux ans. Après une année sabbatique, je suis allée travailler au restaurant Le Bistango. En fait, j’ai commencé au Fiacre, ce qui veut dire que j’ai travaillé sept ans avec la famille Germain. C’est vraiment là que je suis allée chercher mon expérience. Après une autre année sabbatique de la restauration, mais non sans avoir travaillé dans d’autres domaines, je me suis rendu compte que je ne voulais pas faire autre chose dans la vie que de satisfaire les clients dans un restaurant.»
QH - Qu’est-ce qui vous a convaincu que vous n’étiez pas faites, pour faire autre chose?
LT - «Vous savez, quand vous travaillez dans un autre domaine et que vous ne cessez de penser à votre métier premier. Puis, qu’à la fin de chaque journée, vous réfléchissez à ce que vous auriez pu faire dans votre temps si vous étiez demeuré en restauration. C’est là vraiment un signe que vous n’êtes pas à la bonne place.»
QH - Qu’est-ce qui vous a manqué le plus alors que vous n’étiez pas en restauration?
LT - «Le contact humain. C’est tellement important. Je me suis aperçue que de travailler seule dans un bureau, cela me rendait très malheureuse. Sur ce plan, je ressemble beaucoup à mon père. Lorsqu’il ne travaillait pas dans son restaurant, il en devenait malade. J’imagine que j’ai des gènes paternels profondément enracinés en moi.»
QH - Est-ce que c’était un rêve de devenir propriétaire de votre propre restaurant?
LT - «Pas du tout! C’est un accident de parcours. Il y a un dicton qui veut qu’on ne doive jamais dire jamais dans la vie. Et bien, j’en suis l’illustration vivante. J’avais toujours répété que jamais je ne serais propriétaire d’un établissement. J’avais trop vu mes parents travailler jour et nuit, toute l'année. Moi, je refusais cette vie-là. Mais, quand je suis arrivée à La Petite Folie, je suis tombée en amour avec la place. J’avais un horaire de rêve, de jour seulement, jamais les fins de semaine et une clientèle de choix. Je me suis dit que c’est ici que je vais finir ma carrière. Après quelques années comme employée, les circonstances ont fait que j’ai eu l’opportunité d’acheter le restaurant sur les recommandations de mes amis et avec l’aide de mon conjoint. J’avais un choix à faire et une décision difficile à prendre. Et, aujourd’hui, je n’ai aucun regret.»
QH - Quelle est votre petite folie à vous personnellement?
LT - «Ma petite folie à moi, c’est de garder le sourire, avoir une bonne santé et assez de sous pour poursuivre encore longtemps cette belle vie. Les premières années n’ont pas été faciles, j’aimerais donc un jour prendre aussi un peu plus de temps pour moi et mon chum. J’aimerais également que plus de monde découvre et connaisse Vincent, notre chef cuisinier. Goûter sa table d’hôte, vivre dans notre ambiance de petite folie et repartir avec un sourire! Et, pourquoi pas, rencontrer la "folle en chef".»
Je vous encourage fortement à vous payer une P’tite Folie, en vous rendant au 1995 de la rue Frank-Carrel au pied de la côte Myrand. Si vous y allez pour un petit déjeuner, ne soyez pas surpris de voir la patronne en pyjama, cela fait partie de son bagage de petites folies. Je vous garantis que vous serez toujours accueillie avec le sourire et que vous aurez beaucoup d’ambiance, de plaisir et une bonne bouffe.
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)