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L'habitation québécoise a évolué au gré de ses influences

Québec 1608-2008 : célébrons 400 ans d'histoire

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 4 juillet 2008 à 6:15
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L'habitation québécoise a évolué au gré de ses influences
Le quartier Petit-Champlain est typique de l'époque française.
L'habitation québécoise a évolué au gré de ses influences
Québec 1608-2008 : célébrons 400 ans d'histoire
Des premières habitations rudimentaires de la colonie française naissante au début des années 1600, jusqu'aux demeures luxueuses sinon modernes et confortables des années 2000, la maison québécoise a su évoluer au fil des influences européennes dominantes et des régimes coloniaux en place. Si on ne peut parler d'un style architectural propre à Québec et au Québec, il y a certes lieu de saluer le génie inventif de nos ancêtres, qui ont su adapter les techniques de construction aux conditions de vie locale.
Reste que, comme l'explique Martin Dubois, consultant en patrimoine et chargé de cours à l'École d'architecture de l'Université Laval, chaque époque a eu son influence. Au cours des deux premiers siècles, l'empreinte sur le cadre bâti (dont il reste peu de vestiges) se veut largement française, alors que les deux siècles suivants sont davantage dominés par le style anglais.

«Le Vieux-Québec s'avère donc une sorte d'amalgame de divers courants. Pour retrouver l'esprit du Régime français, il faut se rabattre sur la Place Royale. L'architecture, qui à l'époque n'était pas encore une science et demeurait l'affaire des maçons et des sculpteurs, en était à ses premiers balbutiements. Le tout donnait lieu à des façades en pierre d'allure simple et dépouillée, puisque à l'époque on ne disposait pas des mêmes moyens qu'en Europe», raconte M. Dubois.

Pour Marc Grignon, professeur d'histoire de l'art spécialisé en architecture à l'Université Laval, un autre élément caractéristique de ce temps fut l'imposition du toit à deux versants. «Les toits étaient faits d'une structure en bois massif à versants, pour permettre leur aménagement. Parce qu'en France et en Nouvelle-France, on habite les toitures percées de lucarnes. C'est une façon d'économiser tout en maximisant l'occupation du territoire», souligne l'expert en la matière.
Adaptation
Si on ne peut leur attribuer de grandes innovations résidentielles, nos ancêtres ont le mérite d'avoir bien adapté leur habitat en fonction du climat et des besoins de sécurité. «Ainsi, note Martin Dubois, ils ont surélevé les maisons, pour les éloigner des amoncellements de neige dans les rues et de l'humidité. Ils ont aussi épaissi les murs, afin de se prémunir du froid, en plus de multiplier les âtres de cheminée dans pratiquement toutes les pièces et de doubler les fenêtres, pour la même raison.»
«On a également opté pour l'ajout de murs coupe-feu entre les bâtiments rattachés, de manière à ralentir la propagation des incendies très ravageurs à l'époque. C'est l'ingénieur militaire Chaussegros de Léry, sorte d'architecte des travaux publics vers 1720, qui décida d'instaurer cette mesure protectrice», ajoute Marc Grignon.
Inspiration
Malgré la conquête anglaise de 1760, la ville de Québec poursuit son développement sans trop de bouleversement. C'est plutôt au tournant des années 1800 que l'influence de l'architecture anglaise se fait sentir. «On construit alors davantage en bois et en brique qu'en pierre, relate M. Grignon. Le style néoclassique domine et les maisons de ville d'allure londonienne prolifèrent. Elles s'avèrent bien adaptées à l'urbanisme de Québec caractérisé par ses lots courts. On peut encore les apprécier dans le secteur des rues d'Auteuil, Sainte-Angèle et Sainte-Ursule. Le modèle a ensuite été repris dans les grandes villes florissantes de New York, Boston et Philadelphie.»
Parallèlement, la notion de confort évolue. «Du temps des Français, les maisons se limitaient à deux grandes pièces communes, une pour le jour et l'autre pour dormir. Les Anglais amènent la spécialisation de l'espace, avec des pièces pour chaque usage : cuisine, salon, salle de bain et chambres», observe Martin Dubois, qui rappelle que les préoccupations d'hygiène n'ont conduit à l'adoption du cabinet de toilette privé que vers… 1850.

Enfin, la fin du XIXe et le XXe siècles ont été largement marqués par le courant d'inspiration victorienne. Les premiers architectes de profession profitent des moyens de transports plus rapides sinon plus modernes, pour voyager et ramener de nouvelles influences étrangères. À nouveau, les créateurs locaux les interprètent et les adaptent à leurs besoins et à leurs goûts. Il en est ainsi depuis des décennies, avec des retours nostalgiques à divers éléments du passé, au gré des tendances à la mode.
Visites dans le temps
- Place Royale pour l'influence française

- Vieux-Québec pour son cachet majoritairement britannique

- Les faubourgs Saint-Jean-Baptiste et Saint-Roch typiques du XIXe siècle

- Les quartiers Montcalm et Limoilou aux allures du XXe siècle

- Les quartiers ouvriers comme Saint-Sauveur pour le style «wartime house»

- Les banlieues d'après-guerre avec leurs bungalows d'inspiration étasunienne
Lectures complémentaires
- L'histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine, J. Provencher, Publications du Québec, 2007

- Québec et sa région (collection Histoire vivante du Québec), J. Lacoursière et P. Caron, Éditions de l'homme, 2008

- Québec : quatre siècles d'une capitale, collectif d'auteurs, Publications du Québec, 2008

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