Longtemps dominés par les bateaux et les trains, les moyens de transport ont peu à peu fait place à l'automobile au début des années 1900. (Photo archives CP)
Le transport de la Nouvelle-France à aujourd'hui
Québec 1608-2008 : célébrons 400 ans d'histoire
De l’utilisation des cours d’eau jusqu’à l’avènement de l’automobile, la population a connu diverses façons de se déplacer. Québec Hebdo s’est entretenu avec Marc Vallières, professeur associé au département d’histoire de l’Université Laval, afin d’en connaître davantage sur le sujet.
Interrogé sur le premier mode de transport, M. Vallières évoque le fleuve et les divers cours d’eau qui sillonnent le pays. «Les Français sont arrivés en Nouvelle-France sur des bateaux et, une fois ici, ils ont continué à utiliser le réseau hydrographique pour leurs déplacements intérieurs. Les embarcations étaient plus petites et c’était la seule façon, à l’époque, de se déplacer rapidement puisque le transport terrestre n’était utilisé alors que pour la chasse et la pêche.»
Le développement du transport terrestre se fera tranquillement. «Les gens se construisaient en bordure du fleuve et aménageaient des petits sentiers, mais la première voie terrestre d’importance a été le chemin du Roy, qui reliait Montréal et Québec et dont la construction date d’autour de 1730. Mais, il faut se rappeler qu’à cette époque, les rivières qui traversaient la route posaient certains problèmes. Il a fallu ériger un système de bacs et de ponceaux. Quant au transport comme tel, en hiver, c’était plus facile parce qu’on glissait sur la neige. En revanche, les pires saisons étaient l’automne et le printemps. L’automne, pour son temps pluvieux et les débuts du gel et, le printemps, en raison du dégel et de la crue des eaux.»
Vers 1820, le gouvernement du Bas Canada aide à la construction de ponts de bois. «À l’époque, l’inspecteur des chemins porte le titre de grand voyer et reçoit les doléances des habitants. Il faut dire que, dans ce temps-là, l’entretien du chemin relève du propriétaire. Autour de 1850, le mode de transport a connu une véritable révolution avec l’arrivée des premiers chemins de fer. C’est une route efficace et utilisable à l’année. Et c’est également durant cette même période que l’entretien des chemins est confié aux municipalités.» Marc Vallières ajoute que ce transfert découle de l’abolition du régime seigneurial.
Ponts de fer et infrastructures plus importantes
Les chemins de macadam sont utilisés depuis 1840. «Ces chemins, qui sont privés et qu’on appelle chemins à barrières, forment le lien entre la ville et la campagne environnante. Ce phénomène durera pendant environ 80 ans, soit jusqu’au début du 20e siècle. Entre-temps, soit vers 1870-1880, on a vu apparaître les premiers ponts de fer. Par la suite -vers 1910-, l’automobile fait son apparition et le gouvernement commence à construire des routes de meilleure qualité, soit en gravier, et entreprend l’organisation d’un réseau routier plus élaboré.»
Ces nouvelles routes sont à la source d’un nouveau phénomène social : le tourisme. «Les gouvernements subventionnent les municipalités pour la construction de routes secondaires menant, par exemple, aux lignes américaines par la Beauce. Les autres régions ne sont pas négligées pour autant puisque vers les années 1920-1930, Québec est relié au Lac-Saint-Jean et à la Gaspésie.» M. Vallières ajoute que c’est durant cette même période que les routes commencent à être pavées et que l’entretien des routes en hiver s’effectuera à partir du début des années quarante.
À partir des années cinquante, on débute la construction du réseau routier, des chantiers qui battront leur plein durant les années 1960-1970. «Ces nouveaux axes ont pour effet de désengorger les villes et ces dernières se transforment, connaissant alors une forte croissance. Les voies rapides font leur apparition, établissant un lien entre le travail à la ville et la résidence, en banlieue. La construction de ces routes à voies rapides fait que les plus petites ont été délaissées, entraînant une diminution de l’économie locale, florissante au moment où ces petites routes constituaient les seuls axes de transport routier. Mais, elles sont encore très belles à sillonner, quand on un peu de temps devant soi…», conclut Marc Vallières.
Laurie Laberge
Commentaire mis en ligne le 9 juin 2009ÇA NE ME RÉPONDS PAS!!!!!!!!!!!