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À l’origine de l'appellation Vieux-Québec

Un brin d'histoire avec la Société d'histoire de Québec

Article mis en ligne le 29 juin 2008 à 16:30
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À l’origine de l'appellation Vieux-Québec
Une vue du Vieux-Québec au coucher du jour.
À l’origine de l'appellation Vieux-Québec
Un brin d'histoire avec la Société d'histoire de Québec
On parle aujourd’hui couramment du Vieux-Québec, mais sait-on comment l’expression a finalement fait l’acquisition d’un trait d’union qui lui confère sa valeur toponymique? Tel est l’objet de ce court article.
Comme tous les êtres, l’organisme urbain vieillit et Québec n’a pas manqué de se le faire rappeler. «Pauvre vieille capitale», s’écriait Arthur Buies en 1871. «Ô mon pauvre vieux Québec», répétait-il en 1874. «Mon vieux Québec, nous t’aimons toujours», déclarait à son tour Faucher de Saint-Maurice en 1889, dans un ouvrage intitulé Loin du pays. Aux accents un peu lyriques des écrivains francophones du temps s’ajoutent ceux, non moins émus, de quelques auteurs anglophones. Dès 1859, en parlant de Québec, le Harper’s Magazine écrivait : «that quaint old town». Dans les premières années du vingtième siècle, des auteurs font apparaître l’expression Old Quebec (sans accent bien entendu) dans le titre d’ouvrages consacrés à la ville : Bryan Parker (1904), Byron Nicholson (1909), George Gale (1920) et plusieurs autres.

Plus réservés seront les historiens et les savants. Ainsi, l’ouvrage de Pierre-Georges Roy intitulé Le vieux Québec, publié en deux volumes (1923 et 1931), traite de l’ensemble de la ville d’alors et déborde l’enceinte des remparts et l’ancienne basse-ville. En 1937, Marius Barbeau parlera calmement de «la vieille ville de Québec» (où survit l’ancienne France). Pas de vieux Québec dans les études urbaines de Raoul Blanchard. Il n’en sera pas question non plus dans le Québec romantique d’André Duval qui, encore en 1978, ne parle que de la «vieille capitale».
La conscience du vieux
Vers le milieu du vingtième siècle, plusieurs événements se produisent qui contribuent à faire prendre conscience de la vétusté de la ville, de l’évolution inévitable des fonctions des quartiers anciens et de la fragilité de vestiges intéressants, historiques, architecturaux et urbanistiques, dont la mémoire vaut d’être préservée. La création de la Société historique, celle de l’Institut d’histoire et de géographie à l'Université Laval, l’action de pionniers comme Gérard Morisset, tout cela contribue à éveiller l’opinion publique. Artistes et urbanistes s’intéresseront à la conservation. Il faudrait d’ailleurs à cette liste ajouter des écrivains, des journalistes, des universitaires et bien des gens qui ont voyagé et dont la culture s’élargit.(…)
Enfin le trait d’union
En définitive, les Amis du Vieux-Québec auront peut-être servi de trait d’union entre les événements ici rapportés et l’acquisition d’une désignation officielle – avec trait d’union, cette fois! Depuis ce temps, en effet, on parle couramment du Vieux-Québec, que Jean Cimon a parfaitement bien défini ainsi à la fin des années 1950 : «C’est essentiellement la ville bâtie à l’intérieur des fortifications et la “basse-ville” que domine la Terrasse Dufferin». Il est de bon ton, de nos jours, d’aller ou de vivre dans le «Vieux», de s’y donner rendez-vous.
En 1963, la loi provinciale allait confirmer le caractère particulier de ce secteur de la ville de Québec, d’une superficie de 135 hectares, en lui accordant le statut d’arrondissement historique. La cerise sur le gâteau viendra en 1985, lorsque l’UNESCO inscrit l’arrondissement historique de Québec sur la liste des sites reconnus du patrimoine mondial. Vieux-Québec et Vieux-Québec–Basse-Ville sont aujourd’hui les désignations officielles de deux quartiers de l’arrondissement de La Cité.
Vers demain
Qu’est-il advenu depuis les années 1950 de ce Vieux-Québec? Des démolitions, certes. Des restaurations souvent contestées. Quelques réussites dans le domaine de la conservation. Pléthore de boutiques et d’auberges pour les touristes. Des rues souvent désertes pendant l’hiver. La difficulté de faire son épicerie dans le quartier. Une circulation automobile jugée infernale par plusieurs. Des foules bruyantes pendant les grandes festivités. Et quoi encore? N’est-ce pas le lot de toutes les vieilles villes et de leurs quartiers centraux? L’histoire étudie et évalue le passé, mais elle s’écrit aujourd’hui dans le sens de l’avenir. Il y a peut-être de l’espoir!(…)

* (Collaboration spéciale Fernand Grenier, géographe)
Cette chronique est une gracieuseté de la Société historique de Québec. Vous avez apprécié? Pour en savoir plus, visitez le site Internet: www.societehistoriquedequebec.qc.ca

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