«L’intérieur de l’église Saint-Pascal ressemble étonnamment au style d’architecture de la chapelle», souligne Julien Dallaire, passionné d’histoire. (Photo Karine Bouchard)
Quand cirque et histoire s’entrecroisent
La «chapelle des mariages» de l’église Saint-Esprit, un véritable bijou du patrimoine
Hier encore, des gens s’y rendaient religieusement, ne manquant aucune occasion de socialiser, bavarder avec les voisins et entendre la parole de Dieu. Aujourd’hui, elle a dramatiquement changé de vocation, servant de refuge aux acrobates et artisans du cirque. Derrière ses allures d’immense terrain de jeux, l’église Saint-Esprit terre des attraits historiques méconnus.
Parmi les repères enchanteurs de l’ancienne maison de Dieu figure la «chapelle des mariages», lieu architectural unique en son genre… à quelques exceptions près. «L’intérieur de l’église Saint-Pascal ressemble étonnamment au style d’architecture de la chapelle. Comme si l’architecte Adrien Dufresne s’était exercé à construire ce type de pièce en plus petit avec la chapelle, et qu’il en avait fait un modèle plus grand pour l’église Saint-Pascal», observe Julien Dallaire, passionné d’histoire qui, chaque été, propose des visites guidées de l’arrondissement aux intéressés.
La chapelle est érigée en 1942, soit 12 ans après l’édification de l’église. Cette dernière, présentant de sérieux défauts de construction très hâtivement, est confiée aux mains agiles de l’architecte Adrien Dufresne, qui en redessine l’extérieur. Imprégné et inspiré du style «Dom Bellot», il élimine l’un des deux clochers – qui d’ailleurs est en piteux état – et construit sous la sacristie la «chapelle des mariages».
«Seule la brique a été utilisée lors de la construction de la chapelle, relate M. Dallaire. De doubles rangées de briques brunes y sont insérées. On suppose que l’architecte était alors très préoccupé par le décor.»
Une église d’acrobates
La «chapelle des mariages» fait aujourd’hui office de salle de jonglerie. Trampolines, filets de sécurité, balançoires et fils de fer ont quant à eux remplacé les traditionnels bancs d’église. De maison de Dieu, l’église est passée, en 2003, à maison des artisans du cirque.
Un immense terrain de jeux que fréquentent hebdomadairement 3 500 élèves de tous âges. Ici, on y apprend les aléas de l’acrobatie, du rire et de la détermination. «Plusieurs élèves ont été embauchés par le Cirque du Soleil ou le Cirque Éloize», affirme Christiane Gaudreau, de l’École de Cirque de Québec. Une école où marmots et adultes y apprennent l’art du cirque, certes, mais également la vie.