Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs garde l’œil ouvert dans le dossier de l’hôtel-motel Colibri Ste-Foy. (Photo Nicolas Bégin)
Le Colibri Ste-Foy toujours en infraction
Le propriétaire se défend en raison des coûts importants
Malgré une amende de 7892 $ en octobre 2007, l’hôtel-motel Colibri Sainte-Foy, situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel, contrevient toujours à la Loi sur la qualité de l’environnement. Conscient du problème, le propriétaire se dit cependant incapable de se payer un système d’épuration adéquat.
En octobre dernier, la Cour du Québec a condamné l’hôtel-motel à une amende de 6000 $, à laquelle s’ajoutaient des frais d’environ 1900 $. L’infraction, soit d’avoir rejeté des eaux usées dans un fossé, remontait à 2005.
Vérifications faites, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a effectué une tournée des lieux le 29 mai dernier. À ce moment, les inspecteurs ont constaté la présence de la même installation fautive, c'est-à-dire une fosse septique avec rejet dans le fossé, explique le porte-parole, Carl Bernier. Les eaux usées coulent ensuite jusqu’au lac Saint-Augustin.
Le 3 juin, le ministère a envoyé un avis d’infraction au propriétaire du Colibri. Ce dernier disposait de moins d’un mois pour proposer un plan correcteur dans le dossier.
En cas de refus de collaborer, le ministère étudiera les différents recours légaux à sa disposition pour assurer la conformité environnementale. Chose certaine, la contamination doit cesser, affirme le porte-parole.
Plan correcteur proposé?
Questionné au sujet du dossier de pollution, le propriétaire du Colibri Ste-Foy ne s’est pas défilé au moment du coup de fil de L’APPEL. À l’heure actuelle, Guy Barnabé regarde la possibilité de se connecter aux services de la Ville de Québec, lesquels arrêtent à environ 800 mètres de son établissement, indique-il.
Selon lui, il devrait déplier l’importante somme de 125 000$ pour aménager un système d’épuration des eaux derrière son hôtel-motel. «C’est un trop gros investissement pour moi. Je ne peux pas faire ça, je n’arriverai pas. Ça mettrait mon commerce en danger.»
M. Barnabé affirme aussi avoir déjà dépensé 10 000$ en services d’ingénierie pour étudier la possibilité d’installer un système adéquat.
Conscient de l’ultimatum du ministère, il dit travailler sur le dossier. «Je ne nie pas que je pollue, mais ça fait 50 ans que c’est comme ça. Quand j’ai acheté, je pensais avoir un droit acquis avec l’ancien propriétaire, mais ce n’est pas le cas.»