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Un premier grand tour pour Vincent

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 9 juin 2008 à 15:02
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Un premier grand tour pour Vincent
Vincent Veilleux-Lessard participe à son premier Tour de Beauce. Les amateurs pourront le voir en action ce dimanche 15 juin, alors que la dernière étape sera disputée dans les rues de Québec. Les cyclistes devront entre autres affronter à neuf reprises la côte de la Montagne dans le Vieux-Québec.- (Photo Jean Pascal Lavoie)
Un premier grand tour pour Vincent
Deuxième plus jeune coureur du peloton, Vincent Veilleux-Lessard participe présentement à son tout premier Tour de Beauce. Son but: terminer la course. Objectif modeste? Pas vraiment, puisque l'an dernier seulement 50 des 120 cyclistes ont franchi le fil d'arrivée.
Considéré comme l'une des épreuves cyclistes les plus difficiles en Amérique du Nord, le Tour de Beauce est devenu un rendez-vous incontournable pour les grandes équipes canadiennes, américaines et même européennes. Cette année ne fait pas exception avec la présence, entre autres, de l'équipe de David Zabriskie, coureur américain qui a déjà porté le maillot jaune au Tour de France.

Si l'on considère la qualité des coureurs présents et l'exigence du parcours de six étapes, simplement terminer la course sera déjà un accomplissement digne de mention pour Vincent Veilleux-Lessard. «C'est la première fois que je cours dans une épreuve aussi relevée. J'ai participé deux fois au Tour d'Abitibi, mais le niveau n'est pas le même», explique le cycliste de Lac-Saint-Charles.

À 18 ans, celui-ci en est seulement à sa cinquième saison de cyclisme. Adepte de ski de fond, Vincent a d'abord enfourché le vélo pour parfaire son entraînement pendant l'été. Finalement, c'est sur deux roues qu'il fait carrière.

À sa première année chez les seniors (U23), Vincent Veilleux-Lessard roule sous les couleurs de l'équipe 2Peer.com, dirigée par l'ex-olympien Czeslaw Lukaszewicz. Au Tour de Beauce, il se charge de protéger le leader de l'équipe, Benjamin Martel. «Je suis le deuxième plus jeune coureur du Tour, je suis là pour apprendre, précise-t-il. Ma force est le contre-la-montre, mais dans les épreuves individuelles, je suis capable de passer la montagne. Par contre, je suis moins fort en sprint.»

Comme bien des athlètes amateurs, il doit conjuguer études, entraînement et emploi à temps partiel. Ainsi, à ses 25 heures d'entraînement par semaine, il en ajoute quinze dans une boutique de sport et plusieurs autres durant l'année scolaire au Cégep de Limoilou.
Un soutien indispensable
En tant que loisir, le vélo est plutôt abordable. Comme sport, l'histoire est tout autre. Aux 3 000 $ que coûte un vélo de course, il faut ajouter le coût des vêtements, le transport, l'hébergement lors des compétitions aux États-Unis et en Ontario, les pièces et bien d'autres choses.
«C'est évident que ça prend beaucoup d'organisation. Heureusement, je peux compter sur le support de quelques commanditaires et de mes parents», indique Vincent. Par exemple, son employeur, La Vie sportive, lui fournit des pièces de vélo, tandis que le Groupe Centrifuge lui a permis de parfaire son entraînement en Virginie ce printemps. D'autres commanditaires locaux, comme la Caisse de Lac-Saint-Charles et le IGA du même endroit, apportent aussi un soutien important au jeune cycliste.
Un sport qui a mauvaise réputation
Lorsque l'on discute de cyclisme de haut niveau, il est bien difficile d'éviter la question du dopage. Vincent Veilleux-Lessard est bien conscient que son sport a une réputation à refaire.
«Ça arrive qu'on se fasse crier "dopé!" dans la rue lorsqu'on s'entraîne. C'est dommage, parce que je crois que c'est quelque chose qui ne touche qu'une minorité ici, déplore-t-il. On s'en doutait tous pour Geneviève Jeanson, mais je ne vois pas qui d'autre pourrait être soupçonné au Québec.»

Il concède toutefois que les performances au Tour de France ont de quoi susciter les soupçons. «Au Québec, nous courons une course de trois étapes et nous sommes exténués. Au Tour, il faut maintenir le rythme pendant trois semaines...»

L'athlète croit cependant que son sport est sur la bonne voie. «Au Canada, il y a beaucoup de travail fait pour enrayer le dopage. Nous sommes d'ailleurs testés à toutes les courses importantes, autant les meneurs que le peloton.»

Les organisateurs d'événements sont aussi conscients de la situation. Le Tour de Beauce se passe d'ailleurs de la participation de l'équipe Rock Racing, pourtant composée de noms aussi prestigieux que Tyler Hamilton, médaillé d'or olympique et quatrième au Tour de France 2003, et Oscar Sevilla, plusieurs fois dans le top 10 du Tour de France. Le passé sulfureux de nombreux membres de l'équipe sème la controverse.

«Il faut absolument continuer la lutte au dopage pour l'avenir du cyclisme», insiste Vincent.

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