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Michel Moreau : un restaurateur inspiré par la Suisse à Expo 67

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 16 juin 2008 à 5:30
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Michel Moreau : un restaurateur inspiré par la Suisse à Expo 67
Michel Moreau, propriétaire de La Tyrolienne.
Michel Moreau : un restaurateur inspiré par la Suisse à Expo 67
Cette semaine, je vous relate une agréable rencontre avec un gars que je connais depuis belle lurette. Michel Moreau est, je crois, le restaurateur qui cumule le plus d’années à titre de propriétaire d’un même restaurant ayant pignon sur rue à Québec. Il célèbre cette année les 35 ans de La Tyrolienne, restaurant spécialisé dans la fondue et situé à Sainte-Foy. D’ailleurs sans vouloir me vieillir, j’étais présent à l’ouverture de ce restaurant et j’y suis allé dîner un quart de siècle plus tard. M. Moreau accueille toujours ses clients avec la même gentillesse.
Québec Hebdo - Michel, quel a été ton parcours en restauration?
Michel Moreau - «Je suis natif de Roberval, un vrai bleuet. Dès l’âge de 11 ans, je suis venu étudier à Québec comme pensionnaire. En fait, j'étais chez mon oncle et ma tante, qui sont comme mes deuxièmes parents et pour eux j’étais comme leur propre fils. J’ai vraiment été choyé. J’ai donc fait mes études à l’Université Laval en administration. C’est d’ailleurs à ce moment que j’ai fait mes premières armes en restauration, en travaillant pendant deux ans chez Kerhulu, dans la côte de la Fabrique. C’était le grand restaurant français à l’époque. Ce restaurant était la propriété de M. Plamondon qui fut le premier président du carnaval de Québec.»
QH - C’est donc dans les années 1950 que tout a débuté!
MM - «Oui, j’ai commencé chez Kerhulu en 1958. Je travaillais le soir et les fins de semaine. Kerhulu était aussi le seul restaurant qui offrait le service de traiteur. Inutile de te dire que les maisons bourgeoises de Sillery et de la haute ville de Québec, je les ai à peu près toutes vues alors que j'allais servir dans ces endroits.»
QH - Le monde de l’hôtellerie et de la restauration ne t’était pas totalement inconnu!
MM - «Je dois te dire que mes parents ont toujours été propriétaires d’un hôtel à Roberval. Dès mon jeune âge, je suis tombé dans la potion magique. J’accueillais les clients, je portais les valises, je servais au bar. C’est donc très jeune que j’ai pris mon expérience.»
QH – Peut-on dire que tu as été toute ta vie en restauration?
MM - «Oui, mais cela ne m’a pas empêché d’avoir d’autres carrières parallèles. Pendant 14 ans, j’ai été grossiste en voyage, spécialisé dans le tourisme réceptif. J’ai aussi été, et je le suis encore, dans l’immobilier. J’ai également enseigné pendant plusieurs années à l’école qui se nomme aujourd’hui Fierbourg.»
QH - Quels sont les restaurants dont tu as été propriétaire à Québec?
MM - «Il y a eu d’abord le restaurant chez Camille, sur le chemin Sainte-Foy à Québec et le Buffet Cartier, sur la rue du même nom adjacent à la Brasserie du Quartier, dont j’étais aussi propriétaire. Ma seule expérience douloureuse fut le restaurant du Grand Théâtre, qui n’a jamais vraiment bien fonctionné et que j’ai dû fermer rapidement après plusieurs milliers de dollars perdus. Et, bien sûr, il y a 35 ans, je construisais La Tyrolienne, alors située dans la ville de Sainte-Foy.»
QH - En 1973, il fallait être audacieux pour lancer un restaurant de cette ampleur spécialisé dans la fondue!
MM - «En fait, je suis parti de l’idée que la majorité des Québécois aimeraient avoir un chalet. Alors, j’ai décidé de leur offrir ce chalet le temps d’un repas. J’avais été impressionné à l’Expo 67, par le pavillon de la Suisse. Alors, j’ai développé le concept d’un chalet avec une décoration typique des chalets suisses. Même le personnel, à cette époque, était habillé dans ce même style. Ce fut un succès.»
QH - Quelle est ta recette pour réussir pendant 50 ans en restauration à Québec?
MM - «Beaucoup de travail, avec le souci du détail. En restauration, ce sont tous les jours des centaines de petits détails qui assurent le succès. C’est probablement le secteur des affaires où il faut toujours penser en fraction de sous. Les marges de profits sont tellement minimes sur tous les items que tu vends, que tu dois tout contrôler. J’imagine que ma formation de comptable m’a beaucoup aidé. Il faut connaître tes coûts de produits, tes coûts réels de salaires et, bien sûr, développer une diplomatie à la fine pointe, afin de bien recevoir tes clients et de les faire se sentir chez eux, chez nous! Aussi, inculquer au personnel le culte du client et le sens de l’accueil.»
QH - Comment on se sent après une si longue carrière de restaurateurs?
MM - «Heureux! Encore aujourd’hui, j’ai tellement hâte de rentrer travailler dans mon resto. Je suis ici six jours par semaine et laisse-moi te dire que je fais encore de bonnes journées. Tant que j’aurai une bonne santé, je continuerai à faire ce que j’aime. Tu sais, après toutes ces années, ce dont je suis très fier, c’est d’avoir contribué à l’évolution du milieu touristique et de la restauration à Québec. Durant toutes ces années, je me suis impliqué sans relâche à tous les niveaux, afin d’apporter une contribution professionnelle à notre industrie. Québec est une ville magnifique et les Québécois sont les gens les plus accueillants du monde!»
QH - J’ajouterais que les Québécois ont du goût et savent apprécier les bons restaurateurs. En leur nom, je te dis bravo Michel Moreau. J’invite tous nos lecteurs à aller célébrer les 35 ans de La Tyrolienne et tes 50 ans de passion comme restaurateur.

* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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