«Le CRTC doit protéger la diversité de l'information de la Capitale» – Christiane Gagnon
Acquisition de TQS par Remstar
«L’annonce de Remstar, qui veut réduire les effectifs des services de nouvelles à TQS, est franchement inquiétante, car elle met en lumière l’élimination progressive des salles de nouvelles un peu partout dans les médias et principalement dans les salles en région.»
«La situation est particulièrement alarmante dans la région de Québec : fermeture du réseau Global de Québec, suppressions de postes à Radio-Canada et à TVA, menaces qui planent quant à la disparition de la salle des nouvelles d’Info 800, sans oublier le lock-out au Journal de Québec qui perdure depuis plus d’un an. De par son statut de Capitale nationale, sa démographie et sa position géographique, la région de Québec est un pôle majeur de développement économique. Ainsi, la population de la région mérite une information locale et régionale de qualité et diversifiée alors que celle de tout le Québec doit pouvoir être informée des enjeux qui touchent sa capitale. Cela est compromis par l’érosion des effectifs journalistiques dans la région ces dernières années», a affirmé la députée de Québec, Christiane Gagnon, lors d’une conférence de presse du Bloc Québécois relative aux recommandations du Bloc Québécois déposées devant le CRTC.
«La fermeture d’une salle des nouvelles en région a non seulement un impact sur l’information disponible aux citoyens, mais aussi sur la communauté. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle enlève des possibilités de stages au programme de communication du collège de Jonquière et limite la production locale. Les gens des régions ont également le droit d’être informés adéquatement des enjeux qui les concernent de près, eux et leur communauté. Le CRTC a la responsabilité d’assurer le maintien de la diversité des voix et des sources d’information des régions du Québec, laquelle contribue à la bonne santé et à la vitalité de la démocratie», a pour sa part ajouté le député de Chicoutimi—Le Fjord, Robert Bouchard, qui prenait part à la conférence de presse.
«On ne peut absolument pas rester passif devant ce phénomène, et c’est pourquoi le Bloc Québécois incite le CRTC à prendre les mesures qui s’imposent pour protéger la diversité de l’information au Québec. Il doit voir à ce qu’un nombre minimal d’heures d’information soient diffusées sur les ondes des chaînes généralistes et protéger l’information télévisuelle produite en région», a ajouté Christiane Gagnon.
La députée a enchaîné en insistant sur l’importance pour les régions que soient mises en place des mesures financières qui contribuent à soutenir la diversité de l’information.
«Le CRTC doit mettre en place une nouvelle politique sur la diversité de l’information qui pourrait inclure notamment des incitatifs comparables à ce qui a été fait dans le cas des dramatiques. Cela pourrait se traduire aussi, pour la télévision généraliste, par un accès à des redevances des câblodistributeurs. Cette mesure ainsi que la création d’un Fonds de l’information contribueraient à encourager les télédiffuseurs à accentuer l’offre d’information dans leur programmation et à assurer la viabilité de l’information dans les régions», a-t-elle aussi expliqué.
Mesures pour la protection de l’information
La porte-parole du Bloc Québécois en matière de Patrimoine et députée d’Ahuntsic, Maria Mourani, a pour sa part rappelé que la seule façon de maintenir la diversité des voix en région est de voir à ce que le CRTC s’assure du respect, par le groupe Remstar, des conditions initiales d’exploitation de la licence dévolue à TQS en 2000.
«Avant que la transaction ne soit autorisée, il revient au CRTC de s’assurer que Remstar respecte les engagements pris par TQS lors du renouvellement de la licence. Il faut qu’il inscrive clairement ces engagements dans les conditions de licence», a poursuivi la députée d’Ahuntsic, Maria Mourani. La députée a aussi rappelé la nécessité que soit créé au plus tôt un Conseil québécois de la radiodiffusion et des télécommunications (CQRT), ainsi qu’un Fonds de l’information.
«Afin d’assurer le bon développement et la survie de la culture québécoise, il faut que Québec puisse complètement rapatrier les pouvoirs en matière de radiodiffusion et de télécommunications et qu’un Conseil québécois de la radiodiffusion et des télécommunications soit mis en place dans les meilleurs délais. Ce transfert de responsabilités, demandé par tous les gouvernements du Québec depuis Robert Bourassa, pourrait se faire par une entente administrative que le Canada signerait avec le Québec, qui serait ainsi en mesure d’intervenir pour empêcher une transaction de se faire au détriment de la diversité de l’information. Il pourrait être intéressant de créer un Fonds de l’information qui contribuerait à encourager les télédiffuseurs à offrir davantage d’information dans leur programmation, particulièrement en région», a-t-elle expliqué.
«Toutes nos recommandations visent à assurer à la population le respect de son droit d’être informée adéquatement des enjeux qui la concernent. Il faut absolument que le CRTC en tienne compte afin que les régions ne se voient pas réduites à devoir puiser leur information des chaînes qui ne se concentrent que sur l’information nationale et qui oublient les enjeux locaux qui sont souvent plus près des préoccupations des gens», a finalement conclu Christiane Gagnon.
* (Source : Cabinet du chef du Bloc Québécois)