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Lyse Charuest ou comment peindre un roman

L’auteure lance Marcher sur l’eau

Karine Bouchard par Karine Bouchard
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Article mis en ligne le 6 juin 2008 à 9:17
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Lyse Charuest ou comment peindre un roman
L’auteure Lyse Charuest a trempé sa plume dans ses souvenirs d’enfance, dont fait partie Limoilou. (Photo Karine Bouchard)
Lyse Charuest ou comment peindre un roman
L’auteure lance Marcher sur l’eau
L’auteure Lyse Charuest s’est largement inspirée de son père, du patelin de ce dernier – Limoilou, bien entendu! – et d’un petit village fort charmant, Saint-Roch-des-Aulnaies, pour couver son nouveau-né : un roman baptisé Marcher sur l’eau. Une œuvre unissant littérature, art et mystère.
Le personnage principal de l’histoire, Gabriel, est peintre de profession. La menace de la Seconde Guerre mondiale l’oblige à retourner dans son village d’origine, Saint-Roch-des-Aulnaies. Il découvre un jour, tout à fait par hasard, qu’il n’est pas celui qu’il croyait être. Sa mère, celle qui l’a bercé, nourrit et consolé, n’est pas celle qui l’a porté dans son ventre neuf mois durant. Gabriel découvre maladroitement ce terrible secret en lisant le journal intime de sa maman adoptive, qui – hélas! – a déjà fait fi de la vie.

Il tentera le tout pour le tout afin de découvrir sa réelle identité, ses plus profondes racines. Il ira même jusqu’à s’immerger dans l’univers de son père, dévorant des dizaines de lettres écrites de la main de ce dernier. «Pour lui, c’est un véritable choc de découvrir son véritable passé. Tout accuse le père d’être le responsable de ce secret. Il est le véritable père de Gabriel… mais qui est la mère? Le pauvre se rend à Saint-Roch-des-Aulnaies, déniche des lettres écrites par son père, et découvre son univers. Il lit les lettres, un peu comme s’il peignait une toile. Chaque fragment, chaque missive, revêt une couleur différente. C’est un peu comme si Gabriel lisait en couleurs… Il recompose ainsi, couleur par couleur, le monde de son père», de souligner Mme Charuest.

Telle une peintre en pleine folie créative, Lyse Charuest a rédigé son roman, trempant sa plume dans les teintes de l’alphabet. Elle a fait de son roman une œuvre, et de son œuvre, un roman. «J’ai utilisé ce que j’appelle des phrases coup de crayon. J’ai en quelque sorte fait du dessin tout en écrivant», illustre-t-elle.

L’auteure a également emprunté quelques éléments distinctifs à la culture chinoise. Avant de faire la découverte du secret enfoui quelque part dans les terribles souvenirs de sa mère, Gabriel a habité la Chine, et rapporté dans ses valises une partie de la sagesse de ce peuple. ««Il demeurera dans cette contrée quelques années. Très imprégné de la culture orientale, il réagira avec sagesse lors de la découverte du secret.»
Petites miettes de réalité
Marcher sur l’eau soutire son essence de l’enfance de Lyse Charuest. Ses deux vieilles tantes, Joséphine et Clara, des sœurs unies, et bien qu’elles ne soient pas jumelles, se ressemblent à s’y méprendre. La maison de sa tante Arthémise, qui, pendant un siècle, a fièrement eu pignon sur la 1re Avenue. Sans oublier Québec, avec ses escaliers, ses falaises et ses habitants.
«Toute la ville est renfermée dans les images de mon roman, précise-t-elle. Il y a la

Côte-du-Sud, certes, mais des bribes de Québec ressortent constamment dans le récit. L’histoire déborde de petites miettes de la réalité, parsemées ici et là.»

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