«En vacances sur les planches» au Centre d'art La Chapelle
Le Centre d’Art La Chapelle avec sa diversité de spectacles se sent léger puisque s’amène la belle saison 2008. En présentant la comédie des Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent, «La Déprime», les Mai-Connus transforment les jours sombres en un moment de rire et de sourire évocateur en restant connus même en juin (les 6 et 7). Bouches et yeux étirés, rythmes accélérés, applaudissements spontanés sont de la partie dans cette salle comble.
C’est ainsi que la scène se transforme en terminus d’autobus où une cinquantaine de personnages défilent avec leur vocabulaire et leurs mimiques colorés. Les costumes sélectionnés des Coffres de M. Vincent parlent d’eux-mêmes et traduisent assurément le rôle qu’ils font porter aux personnages. Inspecteur, clochard, femme fatale, enfant, exhibitionniste, hippie, rockeur, voleuse, chauffeur, chef d’entreprise, délégué syndical, sont maquillés et habillés avec l’aide de Julie Bureau, Manon Laliberté et Guylaine Pressé.
Sans la notoriété du concepteur des décors, Stéphane Sylvain, le terminus manquerait sa vocation. N’eussent été du téléphone où le futur nouveau-marié Paul-Edmond, coincé sans le sou, tente de rejoindre sa dulcinée Johanne à Arvida pour lui annoncer son absence à sa propre noce, du banc où deux commères gagent leur périple du jour en autobus, de la grosse poubelle servant de restes alimentaires au clochard affamé et du comptoir d’accueil près du guitariste sans talent étirant ses cordes… il y aurait eu moins de cachettes possibles à Columba pour troquer sa perruque et retracer la voleuse…
Légaré, appuyé à son comptoir d’accueil sait comment rythmer le rockeur avec ses gros bras, laissant le hippie à Loüella, exécutrice de prières accordées. Voyageant de Montréal au Lac Saint-Jean, de Newport à Saint-Georges ou encore de Shawinigan à La Sarre, plusieurs nécessitent l’habileté certaine d’un Fred, ce conducteur défait de ses fonctions et actuellement tabletté.
Porte no 10 ou 17, les passagers impressionnés par la présence du garde, pistolet à la main, s’étonnent au son de sa voix criarde. D’une mise en scène de Claude Jobin, les figurants nourrissent les quais d’un terminus d’autobus en pleine action journalière.
Une belle énergie à la troupe permettra encore de faire sourire la foule aux choses simples et cocasses de la vie…
* (Collaboration spéciale Line Turcotte)