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Gros bon sens

Article mis en ligne le 3 juin 2008 à 5:10
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Gros bon sens
J’ai connu une personne qui avait une façon bien à elle d’analyser une situation. Tout tenait en deux phrases, l’une étant «ça fait du sens» et l’autre «ça fait pas de sens». Ces deux phrases anodines demandent toutefois une chose fort importante : l’exercice du jugement. Examinons donc certains évènements récents avec ces deux phrases comme critère.
Un ministre, libre de toute attache personnelle, rencontre une femme qui lui plaît. Elle lui raconte que, dans sa vie antérieure, elle a fréquenté des criminels notoires. Malgré tout, il entame une nouvelle relation avec elle sans en faire part à son chef, le premier ministre. Pire, il oublie des documents confidentiels chez cette petite amie longtemps après le moment où il a prétendu avoir cessé cette relation et n’en prévient son chef que quelques heures avant que cela ne soit dévoilé à la télévision. Finalement, le premier ministre le «démissionne». Ce qu’a fait ce ministre «fait-il du sens»? Est-il une victime des médias ou a-t-il manqué de jugement? On peut d’ailleurs se poser la même question sur son chef qui a mis trois semaines à agir malgré l’évidence.

Deux éminents universitaires font le tour du Québec et entendent de nombreux citoyens les entretenir sur les accommodements raisonnables et l’intégration des différentes minorités au Québec. Au terme du processus, ils concluent qu’il s’agit davantage d’une fabrication médiatique que d’un problème réel! Ultimement, ils en viennent à la conclusion que la majorité doit s’adapter à la minorité. Par ailleurs, selon eux, les signes religieux doivent être exclus de l’espace civique comme le parlement, les forces policières et les tribunaux, mais doivent être permis dans les hôpitaux et les écoles. Ainsi, on pourrait voir une enseignante musulmane portant l’hijab donner un cours de culture religieuse juive ou bouddhiste! Cela «fait-il du sens» dans un Québec laïque?

Une étude conjointe de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et de représentants du ministère de la Santé démontre qu’on pourrait effectuer 50 000 opérations chirurgicales de plus par an. Il suffit de réorganiser le travail en instaurant des moyens simples comme une meilleure communication entre les médecins, l’achat des instruments requis en quantité suffisante et l’abandon de certains tabous corporatistes ou syndicaux paralysants. Il aura fallu des années avant qu’une telle enquête soit faite et en venir à des constatations aussi simples. Cela «fait-il du sens» alors que, depuis toujours, de très nombreuses personnes (fonctionnaires, spécialistes de toutes sortes et gestionnaires) sont payées pour s’assurer que nos hôpitaux soient fonctionnels?

Pierre Péladeau, fondateur de Quebecor, résumait l’utilisation de la simplicité et du gros bon sens par le mot «KISS» anagramme de l’expression anglaise «Keep It Simple Stupid». Maintenant que le principe des deux phrases clés est établi, je suis certain que vous trouverez de très nombreux exemples auxquels les appliquer. Souhaitons que nos dirigeants et nos élites intellectuelles en fassent autant. Ça nous simplifierait la vie et réduirait nos impôts!

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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