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Un piège qui ne passera pas à l'histoire

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 26 mai 2008 à 9:35
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Un piège qui ne passera pas à l'histoire
Après plusieurs mois de bandes-annonces toutes aussi intrigantes les unes que les autres, Le piège américain, long-métrage signé Fabienne Larouche et Michel Trudeau, arrivait sur les écrans le 16 mai dernier. Avec comme têtes d'affiche les Rémy Girard, Gérard Darmon et Colm Feore, il était légitime de s'attendre à une œuvre de grande envergure…
Il faut dire qu'à la base, l'histoire du criminel Lucien Rivard, un des plus grands exportateurs de drogue de son temps, n'a rien de banal. Membre de la redoutable French Connection, il contrôlait à un certain moment 75 % du marché de l'héroïne en Amérique du Nord, en plus d'être passé maître dans le trafic d'armes. Pas mal pour un petit gars de Laval!

Mais des plus grandes appréhensions résultent souvent les plus grandes déceptions. Et ce fut le cas, une fois de plus.

Bien qu'extraordinairement réalisé par Charles Binamé, notamment grâce à l'utilisation d'images d'archives qui sont, à quelques exceptions près, plutôt efficaces, le scénario est d'une faiblesse outrancière. À vouloir trop en faire, le duo Larouche/Trudeau est carrément tombé dans le piège – d'accord le jeu de mots était facile… – de tirer dans toutes les directions. Résultats : un film qui tourne les coins ronds dans lequel se succèdent des êtres sans vie et sans âme qui n'étaient pas sans me rappeler les insipides exposés oraux de ma classe de 4e année B.

N'était-il pas de mise de s'arrêter sur l'ascension de Rivard dans le mode interlope? De mettre l'accent sur son procès, pourtant un des plus médiatisés à l'époque? De s'attarder davantage à sa spectaculaire évasion? Des sujets à peine effleurés qui passent trop vite, donnant ainsi l'impression d'une banalité déconcertante.

En s'y arrêtant, les auteurs auraient permis une plus grande accessibilité au long-métrage. Car si pour ceux qui ont été témoins des événements mis en relief les liens sont plus faciles à faire, les néophytes passeront la majeure partie des 101 minutes à démêler une multitude de personnages aux noms qui assureraient une victoire écrasante à tous les joueurs de Scrabble. Certainement dérangeant.

À tous seigneurs tout honneur, chapeau toutefois aux interprètes. Des plus convaincants dans le rôle de Lucien Rivard, Rémy Girard prouve une fois de plus l'étendue de son talent. Il en va de même pour Colm Feore et Gérard Darmon, ce dernier dans le rôle de Paul Damien Mondolini, un mafieux dans tous les sens du terme. Intéressant aussi d'assister à de brèves apparitions de visages bien connus de la télévision québécoise tels Manuel Tadros et Dino Tavarone.

Bref, un film qui n'arrive pas à la cheville de son personnage principal, mais qui se voudra, pour certains, un bon divertissement.

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