«Les Conservateurs ont renié leurs promesses» - Gilles Duceppe
Le chef du Bloc Québécois de passage à Québec pour le Congrès régional
«Stephen Harper était pratiquement prêt à tout pour faire une percée au Québec lors des dernières élections et c’est pour ça qu’il a fait deux grandes promesses aux Québécoises et aux Québécois : il a promis qu’il allait montrer de l’ouverture envers le Québec et qu’il allait faire le ménage à Ottawa à la suite du scandale des commandites. Or, il n’a fait ni l’un ni l’autre. Le véritable bilan que nous sommes forcés de tracer du gouvernement Harper depuis son arrivée au pouvoir, c’est celui d’un gouvernement qui tente d’effacer l’histoire du Québec, qui continue à imposer un multiculturalisme inadapté aux réalités de la nation québécoise et qui persiste à contredire la Loi 101», a lancé le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, alors qu’il prenait la parole devant les militantes et les militants réunis à Québec pour le Congrès régional du Bloc Québécois de Québec.
Le chef du Bloc Québécois a souligné qu’après la reconnaissance symbolique de la nation québécoise par Stephen Harper, le Bloc Québécois a pris au mot le gouvernement conservateur et s’est immédiatement mis au travail. «Nous avons fait des propositions réalistes concernant la langue, l’identité et la culture de la nation québécoise afin de mettre de la chair autour de cette reconnaissance. Mais à chaque fois les conservateurs ont refusé d’agir. Et au lieu de faire le ménage à Ottawa comme ils l’avaient promis, les conservateurs sont plongés dans une multitude de scandales, le pire de tous étant les poursuites d’Élections Canada contre le parti de Stephen Harper. Deux ans après les élections, il est clair que Stephen Harper a voulu tromper les Québécois», a poursuivi Gilles Duceppe.
Respect de la langue française et de la loi 101
Le chef du Bloc Québécois a incidemment souligné que le geste le plus important pour le français fait par le gouvernement du Québec dans les 40 dernières années, c’est l’application de la loi 101. Ce geste a permis de faire du français la langue publique commune du Québec. Mais cette loi a été affaiblie par les tribunaux et par les lois fédérales.
«La Loi sur les langues officielles, par exemple, contredit la loi 101 et il faut la modifier. C’est ce que nous avons proposé de faire afin que le gouvernement fédéral reconnaisse dans ses lois que le français est la langue officielle du Québec. Autre exemple, les commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor, dans leur rapport, soulignent l’importance d’imposer le français dans les milieux de travail. Or, au Québec, la Loi 101 ne s’applique pas dans les entreprises sous juridiction fédérale. L’Office de la langue française ne peut rien faire lorsqu’un travailleur œuvrant sous juridiction fédérale porte plainte, puisque la loi québécoise ne s’applique pas. Il suffirait d’un amendement au Code canadien du travail pour corriger la situation. Nous avons déposé un projet de loi modifiant à la fois la Loi sur les langues officielles et le Code canadien du travail, mais les conservateurs l’ont rejeté. Nous allons toutefois revenir à la charge», a déclaré Gilles Duceppe.
Respect de l’identité québécoise
Le chef du Bloc Québécois a par ailleurs rappelé que la nation québécoise a une identité qui lui est propre et qui est ainsi différente de l’identité canadienne. C’est pourquoi le Québec doit avoir la possibilité de fixer sa propre politique d’intégration. «Le Québec, où l’apprentissage du français comme langue commune est une exigence, insiste sur le respect de valeurs communes à toute la société dans le cadre d’un échange culturel incessant. Mais encore là, le Canada impose ses choix au Québec. Le rapport de la Commission Bouchard-Taylor constate lui aussi la nécessité de soustraire le Québec au multiculturalisme canadien qui va à l’encontre du modèle québécois d’intégration. Il suffirait pourtant d’une simple modification à la Loi sur le multiculturalisme canadien pour changer le signal envoyé à ceux et à celles qui désirent s’établir au Québec», a déclaré Gilles Duceppe.
Conservateurs et les scandales : encore une promesse brisée!
«Stephen Harper avait promis pendant et après le scandale des commandites qu’il allait faire le ménage à Ottawa. Or, depuis deux ans, les conservateurs se sont retrouvés, par leurs agissements, au milieu d’une série de scandales. Le patronage et le copinage ont repris de plus belle et maintenant, on apprend que les conservateurs de Stephen Harper auraient enfreint la loi électorale au cours de la dernière campagne électorale, en trichant et en forgeant même de fausses factures», a lancé Gilles Duceppe.
«Le Bloc Québécois n’a pas l’intention de baisser les bras devant l’entêtement du gouvernement fédéral, qui refuse de reconnaître vraiment l’existence de la nation québécoise, et c’est pourquoi nous reviendrons à la charge. Nous avons notamment déposé un projet de loi pour que le Québec soit exempté de la Loi sur le multiculturalisme canadien et pour qu’il puisse mettre de l’avant un modèle d’intégration qui correspond à sa réalité. Et il va sans dire que l’importance de faire enfin respecter la langue française par les institutions fédérales demeure au cœur de nos préoccupations. Si les conservateurs refusent de bouger, les Québécoises et les Québécois devront conclure que toutes leurs belles promesses n'étaient que de l'hypocrisie destinée à les tromper», a conclu Gilles Duceppe.
* (Source : Cabinet du chef du Bloc Québécois)