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La région de Québec encore allergique au succès

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 22 mai 2008 à 14:30
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La région de Québec encore allergique au succès
Il n'y a pas à dire, certains Québécois en général et résidents de la capitale provinciale en particulier semblent avoir de la difficulté à voir grand et à accepter le crédit pour leurs succès. S'il en fallait une nouvelle preuve, le récent épisode plutôt maladroit sinon mesquin de la part d'un élu, qui s'est avéré une fausse note dans un concert d'éloges de la part du conseil municipal de Québec à l'égard de la réussite de l'organisation du Championnat mondial de hockey, aura été des plus éloquents.

La sortie mal calculée du conseiller municipal de l'arrondissement Beauport, André Letendre, a beau avoir déçu, elle n'avait donc rien de surprenante. Il s'agit plutôt de l'illustration d'un symptôme chronique, qui assaille une bonne partie de la population, dès qu'il est question de réaliser de grandes choses. Une sorte de vertige pessimiste qui fait croire que la région de Québec est incapable de tenir de grands événements et lorsqu'elle y parvient c'est sans mérite. Cela devait inévitablement être facile et gagné d'avance.

En ce sens, on ne peut que déplorer l'énoncé malhabile de M. Letendre à l'effet que le Championnat mondial de hockey était un succès assuré, comme dans toutes les villes où il a été tenu auparavant. On ne peut toutefois le condamner pour ses propos, dont il s'est excusé depuis, mais qui reflètent l'état d'esprit de gens qui se complaisent dans leur sombre réalité de gagne-petit. Quand on n'a peu d'ambition, il devient plus rassurant de ramener tout le monde à son niveau. Ainsi, on ne risque pas de regretter son piètre sort.

Voilà une mentalité de conquis dont la région aurait bien besoin de se départir. Il est à souhaiter qu'on y parvienne à la faveur du 400e anniversaire de Québec et des nombreuses activités qui marqueront ce tournant historique. Sans devenir des béni-oui-oui et accepter n'importe quel projet dans notre parcelle du patrimoine mondial, il y a certes avantage à laisser de côté la fermeture d'esprit et la promotion des insuccès dont la radio poubelle a fait ses choux gras trop longtemps.

Plutôt que de regarder de haut le surplus de 7 M$ remis au Comité du 400e (6 M$) et à la Ville de Québec (1 M$) par le tandem Rousseau-Tanguay et son équipe d'organisation du premier Championnat mondial de hockey tenu en Amérique, il serait plus respectueux et constructif d'y voir un modèle et un tremplin. Sans doute que lorsqu'on est bien entouré, tout semble plus facile. Mais, rien n'est acquis pour autant. Cet excellent résultat qui honore la réputation de Québec sur le plan international doit agir comme une assise, un électrochoc, voire un fer de lance pour viser plus haut et plus loin. Dans tous les domaines, la région de Québec a besoin de se dégourdir et de s'inspirer de l'expertise des bâtisseurs locaux.

Avoir des projets et y investir pour l'avenir, cela évite de dépenser pour en trouver…

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