Tout à perdre dans les présentes négociations
«On a une convention collective qui s’applique présentement et elle est meilleure que ce qu’on nous offre. Alors nous, on n’est pas pressé. S’il le faut, ils vont vivre avec des moyens de pression pendant trois ans.»
Cette déclaration de Jean Gagnon, président du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec, illustre bien le contexte particulier qui préside à la négociation des conventions collectives des employés municipaux. D’un côté, une administration dont les commettants contribuables ne veulent plus payer plus cher pour des services qui ne s’améliorent pas. De l’autre, des employés qui considèrent avoir tout à perdre.
Admettons que les propositions de la Ville sont en fait des demandes. Admettons aussi qu’il est difficile de concevoir que des syndicats défendent des dispositions qui permettent des abus d’absences pour maladie (de 10 à18 jours par année en moyenne par personne selon les groupes de salariés). Il est aussi inadmissible qu’ils veuillent maintenir un paiement à 100 % de ces jours d’absence. Ce qui, dans la vraie vie, signifie qu’un employé malade a un revenu net supérieur lorsqu’il ne travaille pas.
Quant aux fonds de pension, on pourrait comprendre la fin de non-recevoir syndicale, si la Ville voulait réduire les avantages des régimes. Or, tel n’est pas le cas. La Ville veut simplement que les coûts soient partagés également, comme c'était le cas auparavant. Les citoyens ont donc beaucoup de difficultés à admettre que «leurs employés» se refusent à contribuer à leur fonds de pension à hauteur de 50 %. Alors que la majorité d’entre eux n’ont pas de régime de retraite aussi généreux ou, pire, n’ont aucun régime de retraite.
Les autres «propositions» de la Ville vont dans le sens d’un meilleur contrôle des dépenses par l’acquisition d’une plus grande flexibilité de gestion, qui permettrait la réduction du temps supplémentaire, l’amélioration de la productivité et un meilleur service aux citoyens. À titre d’exemple, il est difficile de contester le fait qu’on veuille pouvoir ajuster les horaires des employés en fonction des heures d’ouverture de ses services au public!
Comme l’a dit M. Gagnon, les syndiqués cols blancs, cols bleus, professionnels ou autres, n’ont aucun intérêt à négocier, puisqu’on veut revoir leurs conditions de travail à la baisse. Pour leur part, les policiers et les pompiers ont un certain avantage sur leurs collègues, puisqu’ils peuvent recourir à l’arbitrage, solution généralement favorable aux syndiqués.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)