Place aux champions
Le Championnat mondial de hockey, qui se termine en fin de semaine, sera probablement l’évènement le plus mondialement médiatisé du 400e anniversaire de Québec. Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que nous en perdions la tenue et que nous devenions la risée de la planète.
En effet, il y a un peu plus d’un an, la mairesse Boucher, craignant de devoir éponger un déficit, se refusait à cautionner les engagements pris au nom de la Ville par l’administration précédente. Elle se disait même prête à dénoncer l’entente, prétendant que celle-ci n’était pas valide parce qu’elle n’avait pas été entérinée par le conseil municipal.
Rendons à César ce qui appartient à César. C’est l’intervention du premier ministre du Québec, Jean Charest, sagement et habilement conseillé par Michel Després, alors ministre des Transports et responsable de la région de la Capitale, qui a sauvé l’évènement. Sans eux et sans la garantie qu’un éventuel déficit serait absorbé par la Société des fêtes du 400e jusqu’à concurrence de 6 M$, jamais Jacques Tanguay et Claude Rousseau n’auraient accepté la responsabilité d’organiser cet évènement qui, admettons-le, n’allait nulle part à un an de sa tenue. Le seul véritable mérite de Mme Boucher fut donc de dénoncer l’ineptie de ceux qui, ayant conclu l’entente, étaient incapables de mettre en branle la machine pour l’organiser.
Dès les premiers moments de la prise en charge de ce championnat par le tandem Tanguay-Rousseau, on a senti que des organisateurs professionnels et efficaces venaient de prendre les choses en main. En quelques semaines à peine, leurs équipes étaient en place, chacune de ces équipes étant dirigée par des spécialistes de leur domaine, que ce soit en terme de communication, d’hébergement, d’approvisionnement ou d’intendance.
La Ville de Québec rayonne actuellement un peu partout à travers le monde grâce à ces gens d’affaires efficaces, qui savent utiliser leur expertise et leur réseau de contacts. Des gens qui savent saisir les opportunités, lorsqu’elles se présentent, et qui ont compris depuis longtemps qu’il faut pouvoir se «virer de bord» rapidement lorsque la situation l’exige. Rendons-leur donc hommage et remercions-les pour le travail colossal qu’ils ont effectué en une si courte période de temps.
Dommage que l’Office du tourisme de Québec n’ait pas agi de même lorsque s’est présentée l’opportunité de recevoir le réseau Al Jazeera pour la production d’une émission sur la ville de Québec, qui aurait été vue par quelque 15 millions de téléspectateurs à travers le monde. Comme l’a dit un de ses porte-paroles, Al Jazeera ne fait pas parti du public cible de la planification marketing et du plan stratégique de l’Office du tourisme de Québec. Pas plus, semble-t-il, que la capacité de profiter d’une occasion qui passe et qui n’aurait coûté que quelques milliers de dollars. Espérons que le maire Labeaume, issu du monde des affaires, pourra leur faire comprendre qu’il faut saisir l’occasion quand elle se présente et non tenter de justifier bêtement pourquoi on ne l’a pas saisie.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)