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Quand le génome devient source de richesse

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 14 mai 2008 à 18:25
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Quand le génome devient source de richesse
Le code de la vie pourrait bien être le principal moteur économique du prochain siècle.
Quand le génome devient source de richesse
Serait-il possible que le code même de la vie, le génome, soit la principale source d'innovation et de création de richesse au cours des prochaines décennies? Pour Martin Godbout, fondateur et président de Génome Canada, c'est une évidence et c'est ce qu'il a tenté de démontrer à près de 400 gens d'affaires réunis lors d'un déjeuner-causerie de la Chambre de commerce de Québec.
Santé, agriculture, foresterie, pêches, environnement... La liste des secteurs transformés par les avancées de la génomique est aussi large que diversifiée. «La génomique transforme nos vies et a un impact direct sur presque tous les secteurs de l'économie», affirmait Martin Godbout à son auditoire.

Pour illustrer ses propos, le fondateur de Génome Canada cite en exemple certains projets de recherche de Québec financés par l'organisme. «En utilisant l'avancement des connaissances en génomique, le Dr Michel Bergeron, du Centre de recherche en infectiologie du CHUL, a mis au point un test diagnostique permettant d'identifier en moins d'une heure les microbes à l'origine des infections.» La présence de BD Diagnostic GeneOhm et ses 175 emplois hautement qualifiés dans le Parc technologique découle en droite ligne des travaux du Dr Bergeron dans ce domaine.

Autre exemple, le projet Arborea, mené à l'Université Laval par John MacKay, permettra d'identifier les gènes spécifiques liés à la croissance et à la qualité du bois. Ainsi, on pourra choisir les épinettes à haut rendement qui possèdent le bois de meilleure qualité et améliorer la compétitivité de l’industrie forestière canadienne en augmentant la valeur commerciale des épinettes.

En fait, rappelle M. Godbout, la génomique est une science qui décode le programme de chaque organisme vivant et qui en utilise les propriétés pour traiter des maladies, développer des cultures plus résistantes et productives, ou mettre au point des sources d'énergie plus propres.
Un financement spécial pour un domaine spécial
Toutes ces avancées permettent à l'industrie des biotechnologies de se développer rapidement. Cependant, le parcours menant de la découverte à la commercialisation peut être extrêmement long et coûteux. Le retour sur l'investissement peut prendre sensiblement plus de temps que dans un autre secteur.
C'est pourquoi Martin Godbout et ses collègues ont créé Génome Canada. «Nous sommes un organisme à but non lucratif qui est géré un peu comme un fonds de capital de risque, explique-t-il. Par contre, nous ne possédons aucun capital action dans les projets où nous investissons.»

Génome Canada est financé principalement par le gouvernement fédéral, mais aussi par le provincial et plusieurs fondations. Près de 1,8 G$ sont présentement sous gestion chez Génome Canada. «Nous investissons exclusivement dans les projets d'envergure, soit 20 M$ et plus, précise M. Godbout. Comme l’argent provient du public, un comité d'experts sélectionne les projets avec attention.»

Avec un tel partenaire, le risque devient plus attrayant pour les gens d'affaires qui veulent investir dans les biotechnologies. «Il faut investir en génomique, parce que les opportunités, l'avenir et les emplois sont là», insiste-t-il.
«Le moteur économique dominant de ce siècle sera la génomique. Ceux qui n'en apprendront pas le langage ne comprendront pas les forces qui s'exercent sur leur vie.»
Juan Enriquez, chef du Life Sciences Project, Harvard Business School.
L'industrie des biotechnologies au Canada
- 532 entreprises;

- 13 400 emplois;

- 4,2 G$ de revenus;

- 1,7 G$ investis en R&D;

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