Les pantins de l'État
(Lettre à Michaëlle Jean, Jean Charest et Stephen Harper). Relativisons le déferlement de chaleur envers notre «presque reine» en France. Pour moi et bon nombre de Québécois, le point de vue d’un gouverneur général ou de l’un de ses sous-fifres provinciaux n’a ni plus ni moins d’importance que celui d’un passant interrogé lors d’un vox pop. Que le premier ministre des fédéralistes québécois s’efface devant des résidus monarchiques illustre l’ampleur de l'aplatventrisme du PLQ devant ces symboles désuets d’un fédéralisme dépassé.
Par un réflexe d’antiquaires aveuglés par un éclat éphémère, les Français auront pu croire en la valeur d’une représentante usurpée. Ils oublient que tout ce qui brille n’est pas or. Quand la vice-reine et son prince «qu’on sort(!)» parfois auront quitté l’estrade d’honneur, d’autres marionnettes les remplaceront. Tout le drame des Québécois est là : les rênes du pouvoir reviennent invariablement aux plus pantins d’entre nous.
Jean-François Vallée, Québec