Le bassin situé au pied de la chute Montmorency aura bientôt un nom. La Commission de toponymie, de concert avec la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), lance un concours public de dénomination afin de dénicher un joli patronyme pour le site naturel.
«C’est une première dans l’histoire de la commission qu’un concours soit lancé afin de nommer un lieu. C’est notre façon à nous de célébrer les 400 ans de Québec. Il s’agit d’un geste commémoratif majeur», de souligner en conférence de presse la directrice et secrétaire de la Commission de toponymie, Danielle Turcotte.
L’annonce a été faite sur le majestueux site de la chute Montmorency, le 1er mai dernier. Le dévoilement du patronyme gagnant sera effectué lors de la réunion annuelle de la Commission de toponymie du Canada, au Manoir Montmorency, le 3 octobre prochain. D’ici là, les gens sont invités à soumettre des propositions de noms avant le 1er septembre prochain.
Un jury constitué de Danielle Turcotte, de Jacques Lacoursière, historien, et de Jean Laurin, directeur du parc de la Chute-Montmorency, délibérera afin de sélectionner la meilleure proposition. Ces derniers s’appuieront sur certains critères afin de prendre une décision éclairée.
Les noms suggérés devront respecter les normes de la Commission de toponymie, s’inspirer de l’histoire, de la géographie ou de la culture locale, tout en étant originaux. «J’ai un petit conseil à donner aux gens pour les aider à trouver l’inspiration. Vous n’avez qu’à venir ici, sur le site de la chute Montmorency et parcourrez l’endroit, écoutez le grondement de la chute. Vous ne pourrez qu’être imprégné de l’esprit du lieu», de suggérer Mme Turcotte.
L’heureux gagnant se verra attribuer un prix gracieuseté de la Sépaq, soit un séjour pour deux personnes d’une durée de deux jours et deux nuits à l’Auberge Duchesnay. Les autres participants ne seront pas en reste : des prix seront tirés au sort parmi tous les bulletins de participation.
Rappelons que le parc de la Chute-Montmorency est le 2e site touristique d’importance dans la région de Québec en ce qui a trait à l’achalandage. Chaque saison, plus de 800 000 personnes foulent le site.
Pour de plus amples renseignements sur le concours, consultez le site
www.toponymie.gouv.qc.ca.
Leçon de potamologie 101
Jean BEAUDOINArticle mis en ligne le 13 mai 2008
POTAMOLOGIE. –– Je suggère que le nom du bassin de la Montmorency soit déjà utilisé au moins une dizaine de fois ailleurs au Québec, comme Sainte-Anne (des Plaines, de Beaupré, des Monts, de la Pérade, de la Pocatière, etc.)
Qu’il soit déjà utilisé pour une agglomération ou un cours d’eau comme Saguenay-Prime cours d’eau, Saguenay-Bis ville, Saguenay-Tiers district électoral, etc.
Il faut que le ou la gagnantE montre peu ou aucune originalité afin de ne pas faire rire de lui ou d’elle avec un hydronyme unique au monde. C’est gênant.
Ne perdons pas de temps et faisons gagner tout de suite le « Potte DE Laval » comme dans le Pot’-à-l’eau de vie (Brandy Pot dans le Saint-Laurent). Comme il n’y a qu’une cinquantaine de Laval ici et là à Montréal et à Québec (Université Laval, ville de Laval, les Éditions Laval de feue ma tante Tharsyle OUELLETTE-GÉLINAS), Sainte-Angèle-de-Laval, la Laiterie Laval, etc., et que le premier évêque de la Nouvelle-France, François de Montmorency Laval (ou DE Laval) serait bien content de voir son nom traîné dans la fange des noms communs. Un de plus ou un de moins, ça ne fera rien.
J’insiste pour que soit primé un nom qui contiendra une particule DE. Ça c’est beau en grand une particule inutile, et c’est vendeur même si c’est idiot, inutile et erroné. En Europe, on écrit Samuel CHAMPLAIN (sic pour l’absence de DE), sur les plaques historiques, sur les monuments, dans les manuels et dans les sites de l’internet. Le DE n’apparaît qu’après avoir traversé l’Atlantique une trentaine de fois. Ainsi, le monument du bonhomme CHAMPLAIN sur la terrasse de Lord DUFFERIN, commandé et payé par des Ontariens, des Canadiens et des Québécois, affiche SAMVEL DE CHAMPLAIN (sic pour le V). Pour faire chic, le U est rendu par V comme en latin, et la particule DE, comme si le mec était un noble. Dans la grammaire de Wikipédia on apprend que le DE n’a rien à voir la noblesse. Mais nous sommes comme cela, nous les Nord-américains francophones de langue française du Canada d’un océan à l’autre et aux États, priez pour nous (300 jours d’indulgences).
Dernier sursaut d’enragé. Pensez à la rue Champlain, au boulevard Champlain, à la rue du Petit-Champlain qui est la « Petite rue Champlain », mauvaise traduction de Little Champlain Street. Faut-il être assez comique, d’aller mettre un placard explicatif de cette étourderie collective au coin de la « Petite rue Champlain » et de la « rue Sous-le-Fort ». Ah oui, en français et in English pour montrer à plus de touristes à quel point nous y tenons, à cette connerie au lieu de la corriger et d’enlever l’affiche. Bonne chance.
Ne surtout pas engager la Commission de toponymie du Québec dans ce processus allégé. Les gens qui en font partis sont instruits, pleins de bonne volonté et dévoués à la cause des bons toponymes, hagionymes (nom de saint), et autres choses raffinées du genre. Malheureusement, ils n’ont plus aucun pouvoir contre des politiciens qui tout à coup décident à leur place. C’est comme cela que « la Société de développement de la Baie de James » est devenue, à 23 h 08, un soir où j’imprimais les pages couvertures de 30 exemplaires du projet de création de ladite chose, « la Société de développement de la Baie James ». Si vous ne voyez point la différence, relisez ce paragraphe. Nul autre que feu Robert BOURASSA, alors premier ministre, est passé par-dessus la chère commission, et vlan sur la gueule. Avec un pinceau fin saucé dans l’émail, j’ai rempli les DE de DE JAMES. Ni vue ni connue, la « Baie James » est la seule baie qui a donné son non à du terrain hors-baie, que la gang que j’ai appuyée, a nommée Radissonie.