Les cinq conférenciers venus présentés l’étude des biotopes urbains et périurbains à Québec : François Cavayas, professeur au département de géographie de l’Université de Montréal; Yves Baudouin, directeur du département de géographie de l'UQAM; Yann Vergriete, chargé de projet à l’Institut de recherche en biologie végétale; Guy Garand, directeur du CRE de Laval; et Norman King épidémiologiste à la DSP. (Photo Karine Desbiens)
Craintes que nos villes deviennent des fourneaux
Le phénomène de la chaleur accablante en milieu urbain n'ont rien de paradis tropicaux et sont plutôt liés à la nouvelle réalité des îlots de chaleur. Ces fortes températures, qui font grimper le thermomètre et le facteur humidex, suivies de violents orages se répercutent sur la santé humaine et la biodiversité. La crainte de certains chercheurs est que cette situation aille en s’accentuant.
La façon dont on aménage nos villes depuis les cinquante dernières années encourage trop souvent la dévégétalisation. Encore en 2008, le béton et l'asphalte seraient la cause de ce phénomène, sans parler d’esprits mercantiles qui ont l’environnement bien loin dans leurs priorités.
On parle aussi d’îlots de chaleur urbains (ICU) causés par l’augmentation des surfaces bâties et la diminution du couvert végétal. Une situation qui se produit autant en zones résidentielles qu’agricoles. «Quand on perd du couvert végétal ou des milieux naturels, on laisse très peu d’arbres en rue. C’est ça qui crée des îlots de chaleur», explique Guy Garand, directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval.
Au début d’avril, le CRE de Laval présentait son étude des biotopes urbains et périurbains à Québec, dans laquelle on rendait compte de deux tendances actuelles dévastatrices en aménagement. D'abord, on rase, on construit et on plante des petits arbres (chicots). Aussi, on remblaie les milieux humides pour étaler la ville et, plus loin, on recrée un bassin artificiel de rétention d’eau et de filtration. Alors qu’on aurait pu simplement mieux intégrer l'habitation dans l’environnement…
Stratégies contre les ICU
Santé Canada est loin de prendre les ICU à la légère. L’organisme gouvernemental va même jusqu’à établir des stratégies préventives, comme des cartes qui indiquent la température intérieure des bâtiments et ciblent la clientèle vulnérable. «Quand nous avons des alertes de chaleur accablante, nous pouvons envoyer des équipes pour permettre aux gens d’être déplacés dans des abris climatisés», indique Norman King, épidémiologiste à la Direction de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (DSP).
Îlots de fraicheur
En regardant cette étude du CRE de Laval, des pistes de solutions surgissent : revoir nos concepts d’aménagement (on suggère, par exemple, de diminuer la largeur des rues); conserver, protéger et mettre en valeur les milieux naturels existants; avoir des programmes rigoureux de plantation d’arbres et d’entretien en milieu urbain avec des règlements de reboisement, etc.
Comme le mentionne M. Garand, l’idéal serait de créer des îlots de fraîcheur. «La verdure agrémente le visuel, capte les polluants atmosphériques, favorise la régularisation de l’eau de pluie et baisse la chaleur de surface. Ces derniers, proches des bâtiments et bien orientés, créent des ombrages tout en diminuant les coûts de climatisation. De plus, l’hiver, ils coupent les vents et réduisent la consommation d’énergie nécessaire au chauffage des bâtiments», relève-t-il.
À la suite des tournées effectuées par le CRE de Laval, certaines municipalités sont passées à un autre stade que celui des idées. Montréal, Laval et Boisbriand se sont dernièrement doté de programmes de reboisement.
On peut consulter l’étude du CRE de Laval à :
www.cmm.qc.ca