Invasion piétonne dans l'Île
Au beau milieu d’un fleuve grouillant, surgissant des profondeurs, entre les brindilles, les troncs et les moutons blancs qui remuent, une immensité de bulles forment un brouillard d’écume blanche balayé par un vent du nord-est. Une visite en ville où boutiques et magasins dorment toujours, et une route tortueuse amenant des touristes d’ailleurs dans un monde de conviction. Un premier samedi de mai où le soleil peu souriant sifflote le printemps tardif, des marcheurs en costume de «jacquers» transportant sacs à dos lourds s’initient à un voyage intérieur.
Venus en bateau, les quelques centaines de pèlerins se satisfont du vent de l’île. Tous affluent vers ce lieu de prédilection… certains avec la certitude de reproduire ce périple, d’autres pour se satisfaire de la nature… d’autres encore pour le symbole de la réussite et de la gloire personnelle.
«Le Compostelle» de Québec se mérite chaque année un nouvel arrivage de gens en proie à une recherche de soi-même. Jeunes et moins jeunes sont fiers de franchir la vingtaine de kilomètres qui leur est réservée. Au rythme et à la cadence du vent du large, les oies font leur apparition comme approuvant de leurs cris les individus colorés fredonnant leur tumulte. Provenant d’un autre rivage, elles entament plus bas que les nuages leur atterrissage vers des rochers qui les ont peut-être vues naître.
Secouant ce calme retentissant, une enfilade de militaires s’infiltrent en tenue de combat,
dans de gros camions et investissent le bateau offrant une traversée obligée. Une journée à ne pas oublier où le vent, le pâle soleil, les êtres humains en proie à une délicieuse réflexion se hâtent d’atteindre un objectif précis.
* (Collaboration spéciale Line Turcotte)