Sandrine Michard et la Dre Ghinwa Mélodie Naja ont lancé un appel aux femmes. (Photo Karine Bouchard)
Femmes scientifiques recherchées
«Le monde a besoin de science… La science a besoin des femmes» à l’Université Laval
Les femmes de science manquent à l’appel. Faute de modèles, la gent féminine semble délester ce domaine. Une tendance qui doit être renversée, a insisté la Dre Ghinwa Mélodie Naja, lors de la conférence «Le monde a besoin de science… La science a besoin des femmes», tenue à l’Université Laval le 30 avril dernier.
La jeune récipiendaire de la bourse UNESCO-L’Oréal 2004-2005 «pour les femmes et la Science» a fait de la décontamination des eaux polluées son cheval de bataille dans le cadre de son projet «Biosorption : une technique adéquate pour décontaminer les eaux polluées». Détentrice d’un doctorat en physique-chimie de l’Université Henri-Poincaré, à Nancy, en France, elle est aujourd’hui spécialiste en nanobiotechnologie, en génie des procédés et en modélisation mathématique.
Mais au-delà des théories, calculs et formules mathématiques, il y a d’abord avant tout une femme scientifique déterminée à paver le chemin de la réussite et à servir de modèle pour la relève. «Ma stratégie, c’est ‘‘Never give up’’! Il faut toujours continuer à s’acharner et ne jamais baisser les bras», souligne-t-elle. Même si elle encourage fortement les femmes à se lancer en science, elle avoue avoir elle-même rencontré certaines embûches. «Le plus difficile fut certainement le regard des hommes, surtout dans les pays en voie de développement. Des hommes qui nous considèrent comme inférieures.»
La Dre Naja n’a pas hésité à démystifier – avec une pincée d’humour – certains mythes liés aux femmes lors de son allocution. «Le mythe voulant que les femmes dépensent sans compter est faux!», a argué celle qui, dans le cadre de ses recherches, a découvert une technique efficace, biologique, rapide et très peu coûteuse de décontaminer les eaux polluées. «Il existe des techniques conventionnels pour décontaminer les eaux, mais elles s’avèrent trop dispendieuses et non adaptées pour les pays en voie de développement. La biosorption est beaucoup plus adéquate.»
Pour les femmes et la science
L’Oréal récompense depuis une dizaine d’années les femmes scientifiques des quatre coins de la planète. Divers prix et bourses leur sont octroyés afin de leur permettre de poursuivre leurs recherches ou leur carrière. Chaque année, cinq femmes sont honorées sur les cinq continents. Des bourses permettent également à de jeunes scientifiques, telle la Dre Ghinwa Mélodie Naja, de parfaire leurs connaissances et de mener des recherches à l’extérieur de leur pays d’origine. «Les jeunes doivent avoir des modèles à qui ils peuvent s’identifier, de souligner Sandrine Michard, vice-présidente aux communications corporatives de L’Oréal Canada. Il faut valoriser la science, le travail de ces femmes et leurs accomplissements.»
Elle a d’ailleurs profité de l’occasion pour lancer un appel aux femmes scientifiques canadiennes. «Il n’y a jamais eu de Canadienne parmi les cinq femmes honorées annuellement partout sur la planète, a-t-elle conclu. C’est le temps ou jamais!»