Après les cyanobactéries, le Myriophylle à épis
Une autre menace plane sur les eaux du lac Saint-Charles et prend la forme d'une plante aquatique. Et comme les cyanobactéries, elle prolifère grâce aux apports en azote et en phosphore d'engrais et d'effluents de fosses septiques mal entretenues.
À la suite du premier épisode de fleurs d'eau de cyanobactéries à l'été 2006, une étude limnologique a été commandée afin de connaître la qualité des cours d'eau du haut bassin de la rivière Saint-Charles et bien cerner les actions à entreprendre.
Le rapport d'étape présenté par l'APEL trace un portrait relativement encourageant puisque la qualité de l'eau y est généralement qualifiée de bonne ou de satisfaisante. Seuls les rivières Jaune et Nelson ainsi que le ruisseau Savard présentent des risques bactériologiques supérieurs à la norme gouvernementale en raison de la présence de coliformes fécaux.
Toutefois, la présence d'une plante aquatique, qui retenait déjà l'attention de l'APEL depuis quelques années, pourrait avoir de graves conséquences sur l'équilibre des écosystèmes aquatiques du lac Saint-Charles.
Originaire d’Europe, le Myriophylle à épis est une plante aquatique submergée qui envahit les lacs du Québec depuis une vingtaine d'années. Sa croissance fulgurante étouffe littéralement les plantes indigènes et nuit à l'habitat naturel des plus gros poissons.
C'est la façon dont elle se reproduit qui fait que cette plante se répand rapidement dans les lacs et est très difficile à éradiquer. Une simple partie de tige ou de feuille détachée accidentellement par une rame ou une hélice de moteur peut coloniser une nouvelle partie d'un lac. Seul un arrachage complet de la plante permet son éradication.
Le rapport d'étape de l'étude limnologique fait état d'un envahissement du littoral des lacs Saint-Charles et Delage par le Myriophylle à épis. On peut y lire que «cette augmentation de la biomasse des plantes aquatiques constitue un apport en matière organique et contribue à l'enrichissement des lacs.»
Il faut donc s'attendre à ce que la lutte à cette plante fasse éventuellement partie d'un futur plan d'action pour la qualité de l'eau.