Le lac Saint-Charles devrait reprendre peu à peu son aspect naturel avec le prochain règlement de la Ville de Québec. - (Archives L'ACTUEL).
Un règlement qui fait déjà des mécontents
La Ville de Québec s'apprête à déposer son nouveau règlement pour venir à bout des cyanobactéries dans le lac Saint-Charles. Tel que promis, les riverains ont été consultés. Ils n'ont toutefois pas l'impression d'avoir été entendus.
D'entrée de jeu, la présidente de l'Association des riverains du lac Saint-Charles (ARLSC) admet que la Ville de Québec a tenu parole. «Nous avons été consultés. Par contre, aucune de nos cinq demandes n'a été considérée », s'empresse d'ajouter Mariane Robillard.
Le règlement que s'apprête à déposer la Ville prévoit l'imposition de la restauration des berges par la plantation d'arbres et d'arbustes sur une bande de 10 mètres. Un accès de 4 mètres, libre de toute installation pourra être conservé.
Résignée à l'imposition de telles mesures, l'ARLSC aurait souhaité que ses suggestions soient adoptées. «Nous voulons pouvoir entretenir cette bande de végétation. Si la Ville désire que nous l'adoptions, il faudrait au moins pouvoir l'aimer», indique Mme Robillard en précisant qu'il n'est pas question d'y passer la tondeuse, mais d'y faire le ménage et un entretien normal.
«C'est la même chose pour l'accès au lac de 4 mètres, poursuit la riveraine. On ne peut parler d'un accès, si nous devons laisser le tout à l'état sauvage. Chez moi, j'ai de la fardoche très dense. Je ne pourrai même pas y passer le taille-bordure. La nature, c'est fort et l'accès n'en sera plus un très rapidement.»
Le retrait de toute installation temporaire, telle que table de pique-nique, chaise longue, gazebo et cabanon, fait également tiquer les riverains. «Qu'ils nous laissent au moins un droit d'utilisation minimale de notre terrain, insiste Mariane Robillard. Dans un sens, c'est une expropriation non dédommagée. Nous perdons le pouvoir d'utiliser nos terrains, sans aune compensation ou diminution de taxes.»
Finalement, les riverains auraient aimé pouvoir planter en majorité des arbustes plutôt que des arbres, ce que la Ville refuse, même si, affirme l'ARLSC, les arbustes sont tout aussi efficaces. «De même, la liste des plantes permises est très restrictive. Nous voulions la liste officielle du ministère de l'Environnement, mais la Ville ne nous laisse même pas ce choix.»
Ces discussions ont laissé un goût amer dans la bouche des riverains. «La Ville a l'impression que les riverains sont une bande de sauvages incapables de respecter un règlement», conclut Mme Robillard qui poursuivra toutefois les démarches auprès des élus d'ici au dépôt du règlement au début mai.