Le Québec en tête pour les locataires qui paient moins de 30 % de leurs revenus pour se loger
Près des deux tiers des familles locataires du Québec (64 %) consacrent moins de 30 % de leurs revenus pour se loger, soit la proportion la plus élevée au pays, à égalité avec le Manitoba. Des résultats du Recensement 2006 publiés aujourd'hui par Statistiques Canada qui ne surprennent pas les propriétaires immobiliers qui claironnent depuis longtemps que les loyers au Québec sont, de loin, les plus bas au Canada.
Il n'en fallait pas plus pour que de vieilles revendications refassent surface. « Devant ce constat, nous estimons impératif que soit révisée la politique de contrôle des loyers sévère qui ne peut plus désormais se justifier eu égard à l’évolution des revenus des ménages locataires québécois et à la détérioration de l’état du parc d’immeubles à logements locatifs, qui ont besoin de rénovations », déclare Hans Brouillette, porte-parole de la Corporation des prorpiétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).
« Nous savions déjà que les locataires du Québec bénéficiaient des loyers les plus bas au pays. Ce que révèle maintenant le Recensement de 2006, c’est que les locataires du Québec sont aussi ceux pour qui l’effort financier pour payer le loyer est le plus faible par rapport à leurs revenus », ajoute M. Brouillette.
Pour certains groupes de défense des droits des locataires, il s'agit certes d'une bonne nouvelle. On rappelle toutefois que verser un peu moins de 30 % de son revenu brut pour se loger permet tout juste d'être à l'aise. Au-delà de ce seuil, les difficultés commencent et il faut faire des choix, voire couper dans la consommation sinon déménager. Résultat : ce n'est pas plus avantageux pour l'économie, ni pour les propriétaires d'immeubles.
Tout en réclamant un assouplissement à la politique de contrôle des loyers, la CORPIQ recommande au gouvernement de tourner désormais ses efforts vers la bonification de l’aide financière à la minorité de ménages à très faibles revenus pour qui le versement du loyer demeure un fardeau important. Pourtant, l'écart favorable n'est pas très significatif. De fait, entre les recensements de 2001 et 2006, le taux de ménages locataires québécois qui paient moins de 30 % de leurs revenus pour se loger est passé de 64,1 % à 64,4 % au Québec, selon Statistique Canada.
Québec parmi les plus abordables
Les données publiées récemment par Statistiques Canada révèlent que c’est dans les villes de Québec (67 %), Saguenay (65 %) et Gatineau (64 %) que le pourcentage de familles locataires payant moins de 30 % de leurs revenus pour se loger est le plus grand au pays. Parmi les 35 principales villes du Canada, celle de Sherbrooke arrive au 5e rang (63 %), Montréal au 7e rang (62 %) et Trois-Rivières au 8e rang (62 %). La moyenne est plus faible dans l’ensemble du Canada où 60 % des familles locataires consacrent moins de 30 % de leurs revenus au loyer.
Voici le palmarès des principales villes du pays où les locataires consacrent moins 30 % de leurs revenus au loyer, selon les données du Recensement 2006 compilées par Statistiques Canada :
Québec (Qc) 67 %
Saguenay (Qc) 65,4 %
Gatineau (Qc) 64,1 %
Saint John (N-B) 63,3 %
Sherbrooke (Qc) 62,8 %
Winnipeg (Man) 62,7 %
Montréal (Qc) 62,3 %
Trois-Rivières (Qc) 62,3 %
Edmonton (Alb) 61,2 %
Kitchener (Ont) 60,8 %
Calgary (Alb) 60,6 %
Grand Sudbury (Ont) 59,6 %
Régina (Sask) 59,4 %
Guelph (Ont) 58,8 %
Ottawa (Ont) 57,6 %
Brantford (Ont) 57,6 %
Abbotsford (C-B) 56,8 %
Moncton (N-B) 56,3 %
Vancouver (C-B) 56,2 %
Victoria (C-B) 56,2 %
London (Ont) 56,0 %
Hamilton (Ont) 55,6 %
St.John's (T-N) 55,6 %
Halifax (N-É) 55,3 %
Oshawa (Ont) 55,1 %
Thunder Bay (Ont) 54,9 %
Saskatoon (Sask) 54,8 %
Charlottetown (IPÉ) 54,2 %
St.Catharines-Niagara (Ont) 53,9 %
Toronto (Ont) 53,6 %
Windsor (Ont) 52,8 %
Kelowna (C-B) 52,1 %
Barrie (Ont) 52,1 %
Kingston (Ont) 52,0 %
Peterborough (Ont) 49,5 %