Politicien ou homme libre?
De temps à autre, Régis Labeaume pourrait admettre qu’il a tort, au lieu de toujours se réfugier derrière le 59 % de taux de vote qu’il a obtenu, même pour justifier ses mauvaises décisions.
Il est vrai que les employés municipaux, cols bleus, cols blancs, policiers, pompiers, brigadiers scolaires, etc., ont d’excellentes conditions de travail. De là à les accuser de fourrer le système comme le prétend le maire Labeaume, il y a un pas à ne pas franchir. Ces conditions de travail ont été négociées. Elles ont aussi été entérinées par le conseil municipal dont faisait parti le conseiller Richard Côté, maintenant vice-président du comité exécutif et responsable du dossier ressources humaines. Il faut modifier ces conditions de travail pour corriger certaines lacunes, cela va de soi. Il faut toutefois le faire avec un minimum de respect envers les employés.
La fermeture de Crocs est une tragédie. Le maire Labeaume a fait preuve de peu de jugement et de compassion à l’endroit des nombreux travailleurs mis à pied. Selon ses déclarations, on a pu conclure que leurs emplois étaient peu importants. Il fallait plutôt investir dans les nouvelles technologies et le démarrage d’entreprises, choses nécessitant évidemment beaucoup de capital de risque, mission dont il s’est investi depuis son élection. Il s’agit là d’une récupération d’un drame social pour justifier une action politique qui n’a pas encore fait ses preuves.
Sa prise de position contre l’abolition du service des nouvelles de TQS est défendable sur le plan régional. L’embauche d’avocats du secteur privé pour contester, aux frais de la Ville, la demande de Remstar devant le CRTC est toutefois injustifiable. Les syndicats, le Conseil de presse et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ont les moyens de défendre cette cause. L’appui moral de la Ville leur suffit. Dépenser l’argent de nos taxes pour que l’organisme canadien vienne se justifier « à lui, Régis Labeaume, maire de Québec » d’une éventuelle décision favorable à Remstar démontre un ego démesuré. Il s’agit là d’une récupération quasi démagogique d’un dossier à des fins politiques.
L’attitude intransigeante du maire et son refus d’analyser objectivement la proposition du RMQ sur la gouvernance municipale démontrent aussi de la mauvaise foi. La proposition du RMQ est supérieure à la sienne. Il aurait dû faire preuve de magnanimité et admettre que cette proposition comporte plus d’économies et une meilleure équité démocratique que la sienne. L’ajout de trois conseillers à sa position originale n’est qu’une façon de détourner le véritable débat en faisant preuve d’une fausse ouverture.
En fait, il est de plus en plus dérangeant de voir notre maire se promener partout, déclarer n’importe quoi selon son humeur du moment et utiliser l’argent de nos taxes au gré de ses fantaisies ou pour se faire du capital politique. Beaucoup ont voté pour Régis Labeaume parce qu’il prétendait ne pas être un politicien comme les autres. Il se disait un homme libre et rassembleur, préoccupé par la gestion de la Ville davantage que par son ego. Ils en attendent toujours la preuve.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)