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Yvan Lachance : l'homme aux commandes du Festival international de musiques militaires

Article mis en ligne le 21 avril 2008 à 5:37
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Yvan Lachance : l'homme aux commandes du Festival international de musiques militaires
Yvan Lachance, p.-d.g. du Festival international de musiques militaires de Québec. (Photo gracieuseté David Cannon)
Yvan Lachance : l'homme aux commandes du Festival international de musiques militaires
La perte du Manège militaire de Québec a affecté la population de la grande région de Québec. Plusieurs personnalités ont exprimé leur désolation face à cette tragédie. Parmi ceux et celles que nous avons vus ou entendus dans les différents médias j'ai reconnu Yvan Lachance, ancien commandant des Voltigeurs de Québec et maintenant président du Festival international de musiques militaires de Québec (FIMMQ). Je connais M. Lachance depuis plusieurs années et j'ai pensé recueillir ses impressions et par la même occasion, lui permettre de se présenter à nos lecteurs.
Québec Hebdo - Pourriez-vous nous faire un bref résumé de votre cheminement de carrière?
Yvan Lachance - «Je suis un gars de Québec. Je suis né à Québec. Dès l'âge de 16 ans, j'ai eu l'opportunité de joindre l'armée, plus précisément l'armée de réserve. Cela a été pour moi une étape importante de ma vie. Ça m'a permis de développer ma confiance en moi et d'assumer différentes responsabilités dans l'armée de réserve. J'ai vraiment aimé ça et cela a été pour ainsi dire un départ dans ma vie. D'abord au 10e Escadron de génie et ensuite avec les Voltigeurs toujours au Manège militaire de Québec. J'ai donc servi à plein temps dans l'armée pour ensuite terminer mes études en administration à l'Université. Par la suite, j'ai occupé le poste de directeur général de la chambre de commerce de Sainte Foy pendant plus de vingt ans.»
QH - Durant ces 20 ans passés à la chambre de commerce de Sainte-Foy, quels ont été vos dossiers les plus importants?
YL - «Tous les dossiers étaient importants, mais deux ont requis mon attention plus particulièrement. D'abord, il y a eu le Congrès mondial des chambres de commerce en 2003. Imaginez, une modeste chambre de commerce de banlieue accueillir plus de 1300 délégués en provenance de 93 pays. Ç’a été vraiment exceptionnel. L'autre dossier fut celui des Fidéïdes, ce grand gala honorant nos entreprises les plus performantes. D'ailleurs cette année on a fêté les 25 ans du gala. Ce sont là deux dossiers qui m'ont permis de vivre des moments inoubliables!»
QH - Est-ce à cette époque que vous avez créé le Festival de la musique militaire?
YL - «C'est Jacques Dusseault qui en avait eu l'idée en 1998. Il a donc formé un conseil d'administration sur lequel il m'a demandé de siéger. Comme je suis un ancien commandant des Voltigeurs, l'idée m'a tout de suite plu. La musique militaire c'est l'âme d'un régiment. Ce fut un départ modeste, mais solide. Trois ans plus tard, à ma retraite, j'en assume la présidence et depuis quelques années c'est à plein temps que j'y travaille.

Le festival de musiques militaires de Québec, maintenant d'envergure internationale, nous permet de projeter une image extrêmement dynamique de la ville de Québec partout dans le monde.»
QH - En quelques mots qu'est-ce que le FIMMQ?
YL - «Le Festival international de musiques militaires de Québec est un grand rassemblement de musiciens militaires qui viennent à Québec démontrer leurs talents de musiciens professionnels en uniforme. Ils proviennent de partout dans le monde. La population de Québec peut les voir et les entendre en concerts dans différents endroits de la ville et à l'occasion du Tattoo Militaire présenté au Colisée. Bien sûr, il y a aussi la fameuse parade de toutes les formations sur la Grande Allée à Québec.»
QH - Qu'est-ce qu'un Tattoo militaire?
YL - «C'est la déformation du mot Taptoe qui nous vient des Pays-Bas. Dans les années 1600 et 1700, il existait un genre de couvre-feu qui était signalé par un soldat qui se promenait dans les rues avec son tambour. Il criait et "tapait" sur son tambour afin d'avertir la population de l'heure du couvre-feu. Plus tard, ce fut au groupe de musiciens militaire de jouer ce rôle. Par déformation, le mot Tattoo est devenu le symbole d'un grand rassemblement de musiciens militaires. Notre Tattoo militaire à Québec existe depuis une dizaine d'années et s'inscrit dans le top cinq des Tattoos militaires au Monde!»
QH - Vous utilisiez beaucoup la Place Georges V et le Manège militaire, comment réagissez-vous à la perte de ce monument?
YL - «C'est évidemment une grande perte pour la région et la ville de Québec! Nous en sommes très bouleversés. Nous devons cependant réagir. Toutes nos activités extérieures sur les terrains face au manège demeurent. Nous utiliserons donc la Place Georges V pour nos concerts extérieurs et pour le départ de la parade. Nous sommes par contre à l'étude d'un projet qui nous permettrait d'utiliser, une fois sécurisées, les ruines du Manège pour y présenter des concerts. Ce serait fantastique. J'ai déjà sensibilisé les hauts dirigeants militaires et les autorités de la Ville à ce projet.»
QH - Êtes-vous en faveur de la reconstruction du Manège?
YL - «Et comment! Je suis en faveur de la reconstruction intégrale du Manège. L'armée possède les plans originaux nous pourrions donc reconstruire tel quel. Si en 1885 on a trouvé les sous pour le bâtir je ne vois pas pourquoi en 2008 on ne pourrait pas trouver l'argent pour le faire! Et vous savez quoi? L'argent est là! Le gouvernement du Canada, depuis plusieurs années, dépose des sommes dans un fond justement pour palier à des situations comme celle-là qui pourraient affecter ses bâtiments patrimoniaux. Il n'y aurait donc aucun impact sur le budget d'opération du gouvernement fédéral. Je ne connais pas le montant total de ces argents, mais j'imagine que cela doit représenter quelques centaines de millions de dollars justement prévues en cas de catastrophe comme celle du Manège. À Québec, ville du patrimoine mondial, il faut que ce joyau renaisse de ses cendres! C'est comme un soldat blessé; il faut le soigner et le remettre debout!»
QH - En terminant, à quoi peut-on s'attendre du FIMMQ 2008?
YL - «Ce sera du jamais vu! Le plus gros Festival de notre histoire. Québec accueillera 14 pays différents, 25 formations musicales réunissant plus de 1 200 musiciens militaires. Le fameux Chœur de l'Armée Rouge fera partie de la fête et présentera quelques spectacles. Beaucoup de concerts et de spectacles dans différentes salles et à l'extérieur puisque qu'exceptionnellement cette année le Festival se déroulera sur une période de 10 jours, soit du 14 au 24 août. Sans oublier bien sûr la fameuse parade sur la Grande Allée. Ce sera pour nous notre façon de dire Bonne fête Québec.»

* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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