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Mon manège à moi c'est…

Article mis en ligne le 20 avril 2008 à 8:37
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Mon manège à moi c'est…
Maintenant que la fumée est retombée et que les cendres se sont refroidies, il est peut-être temps de reconsidérer les alternatives qui s’offrent à nous suite à l’incendie du Manège militaire.
Dès le départ, le maire Labeaume a lancé un grand cri du cœur en faveur de la reconstruction. Pourtant, le Manège n’a jamais fait partie de notre décor comme le Château Frontenac ou les portes St-Jean et St-Louis. En retrait de la Grande-Allée, enchâssé entre le bunker et le Château Laurier, il s’est toujours fait discret. En fait, il a fallu qu’il brûle pour qu’on se rappelle qu’il existait.

L’appel du maire auprès du Premier Ministre du Canada n’a pas suscité la réponse rapide qu’il souhaitait. Stephen Harper s’est bien gardé de confirmer quoi que ce soit tout en déclarant que «mon bureau a déjà communiqué avec le bureau du maire de la ville de Québec et nous avons indiqué que nous sommes résolus à explorer toutes les possibilités de reconstruction de l’édifice». Un tel langage est celui d’un politicien qui préfère laisser retomber la cendre et prendre la température de l’eau avant de se prononcer. On ne peut reprocher à M. Harper sa prudence alors que le Gouvernement du Canada serait le seul payeur d’une telle reconstruction et qu’il ne sait pas encore l’ordre de grandeur des coûts impliqués, coûts qui pourraient se chiffrer par dizaines sinon par centaines de millions de dollars.

La semaine dernière, en entrevue au quotidien Le Soleil, Madame Louise Mercier, Présidente du Conseil des monuments et sites du Québec prônait un changement de vocation du site. Elle rappelait qu’au moment de le construire, le Manège était situé en périphérie de la ville et qu’à l’époque, la Grande Allée était loin d’être l’artère commerciale achalandée d’aujourd’hui. Cette semaine, André Arthur, député de Portneuf, préconisait pour sa part la démolition pure et simple des ruines. Il expliquait que cela donnerait une ouverture phénoménale sur les plaines et constituerait une enclave naturelle exceptionnellement propice aux évènements de masse.

L’incendie du Manège militaire est assurément une perte pour la ville de Québec. Par contre, il ne faut pas oublier que cet édifice était fermé au public et principalement réservé à une poignée de miliciens. Au-delà d’un changement possible de vocation d’un nouvel édifice ou d’une démolition à la Arthur, il faut s’interroger sur la pertinence d’investir des sommes importantes dans une reconstruction à l’identique qui ne servirait qu’à une minorité comme le souhaite notre maire.

Comme le préconise Régis Labeaume et son équipe, il faut penser différemment si on veut obtenir des résultats différents. Et si le même argent pouvait être consacré à des projets plus mobilisateurs pour notre ville et notre région ? Dans un premier temps, il importe donc d’évaluer les coûts de reconstruction. Ensuite, il faut réfléchir à ce qu’on pourrait faire d’autre avec cet argent et, finalement, déterminer ce qui serait le plus avantageux pour l’ensemble des citoyens. D’ici là, la pression politique devrait porter tout autant sur un transfert de fonds que sur la reconstruction en l’état d’un édifice dont on pourrait peut-être se passer pour atteindre des objectifs plus importants pour notre communauté. Dans certains cas, préférer l’avenir au passé peut être un signe de progrès.
(Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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