La façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul sera finalement intégrée au projet du propriétaire du terrain, Jacques Robitaille. (Photo Frédérick Masson)
La façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul est sauvée
Après bien des tergiversations, la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul sera finalement préservée. La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a confirmé ce matin qu'une entente était intervenue avec le promoteur Jacques Robitaille qui intégrera les désormais célèbres vestiges à son projet dont les détails seront annoncés sous peu.
«Nous avons l'engagement que la façade sera intégrée à la nouvelle construction, assure la ministre. Il y aura, à cet endroit, quelque chose qui rappellera le passé.»
Cette dernière ne s'avance toutefois pas sur les détails du projet qui viendra combler le trou béant dévisageant la côte d'Abraham depuis un bon moment déjà. «Nous devons d'abord signer l'entente avec le promoteur et nous vous ferons part des détails bientôt»,a-t-elle promis.
Le propriétaire du terrain ne recevra vraisemblablement pas d'amende pour avoir détruit l'édifice sans avoir reçu les autorisations nécessaires du gouvernement. «L'objectif était de sauver la façade et nous avons fait le choix de discuter avec le promoteur», explique Christine St-Pierre.
Cette dernière précise que les amendes prévues dans la Loi sur le patrimoine culturel sont minimes et qu'elle travaille justement à donner un peu plus de mordant à la législation afin de décourager ceux pour qui les montants n'ont rien de bien coercitif. «Le message doit être clair que les promoteurs doivent aller chercher toutes les approbations et les permis nécessaires avant d'aller de l'avant», affirme-t-elle.
Est-ce dire que l'intégration de la façade au projet constitue en quelque sorte une pénalité tenant lieu d'amende ? «Pas bête», répond sur cette question le maire de Québec.
Ce dernier, qui réclamait il n'y a pas si longtemps la démolition de la façade, se réjouit de voir enfin aboutir un dossier qui a fait couler beaucoup d'encre dans la région. «Nous en sommes arrivés à une solution intelligente et créative, mentionne-t-il. Nous en sommes très heureux et la ministre a notre appui.»