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«Il faut utiliser la force de ce qui reste» -Florent Cousineau

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 11 avril 2008 à 11:09
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«Il faut utiliser la force de ce qui reste»   -Florent Cousineau
Florent Cousineau estime qu'il faut réfléchir avant de se lancer dans la reconstruction du Manège militaire. (Photo Frédérick Masson)
«Il faut utiliser la force de ce qui reste» -Florent Cousineau
Alors que la grande majorité réclame haut et fort la reconstruction dans les plus brefs délais du Manège militaire, l'artiste Florent Cousineau va contre vents et marées en exhortant la population et les décideurs de prendre le temps qu'il faudra afin de ne rien laisser au hasard.
Selon ce dernier, il est faux de croire que l'édificedatant de 1885 doit absolument être reconstruit. Au contraire, il se questionne à savoir s'il ne serait pas pertinent d'utiliser les ruines à d'autres fins, le tout dans le but de se rappeler ce qui s'est passé lors de cette soirée du 4 avril 2008.

«Pourquoi ne pas se servir de la force de ce qui reste pour en faire quelque chose de majeur, se questionne-t-il. Dans certaines grandes villes du monde, les ruines sont de véritables attractions touristiques en raison de ce qu'elles rappellent aux gens et à l'histoire qu'elles portent.»

Cette notion de mémoire est d'ailleurs à la base de toute sa réflexion.

«Un des plus beaux cadeaux qui a été offert à l'être humain est cette capacité de se rappeler son passé. Par cet incendie, la nature a décidé de détruire une page importante de notre histoire collective. Le Manège n'est pas un monument qui se remplace. Si on le retape, il vivra à nouveau. Mais ce ne serait que pasticher ce qui a déjà existé. Le cachet original, ça ne se rebâtit pas.»

En ce sens, Florent Cousineau lance d'un trait quelques idées qui pourraient assurer un avenir à ce qui reste du bâtiment, tout en s'assurant, en tant que peuple, de ne jamais oublier.

«Une mise en lumière, tel que déjà véhiculée dans les médias, donnerait effectivement un sens à tout ça. Mais poussons la réflexion encore plus loin. Est-ce que les ruines ne pourraient pas faire place à une grande salle de spectacle ou de théâtre à ciel ouvert? Ou encore pourquoi ne pas tenir, à l'intérieur des murs, des compétitions équestres ou d'autres événements uniques qui seraient porteurs et qui mettraient en valeur cette fracture entre le passé et l'avenir?»

À ceux et celles qui, en raison du 400e, souhaitent l'intervention d'artistes afin de cacher le tout au plus vite, il adresse cette réponse. «Une pièce de cette grosseur-là, ça ne se masque pas. Ça se met en valeur. Mais pour ça, il faut réfléchir. Une œuvre, ça prend vie à la suite d'un processus de création. Nous ne sommes ni des plombiers, ni des électriciens, ni des réparateurs. Nous sommes des artistes.»

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