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Ces auteurs qui oeuvrent dans l'ombre

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 12 avril 2008 à 11:41
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Ces auteurs qui oeuvrent dans l'ombre
Dans quelques jours à peine, soit le 16 avril, s'ouvrira le Salon international du livre de Québec (SILQ). Pendant cinq jours, des milliers d'amateurs convergeront vers le Centre des congrès afin de tout savoir sur les dernières nouveautés, les bouquins à venir, mais surtout, rencontrer ceux et celles qui sont à la source de toutes ces aventures : les auteurs.
Le SILQ, c'est probablement le plus grand rassemblement de vedettes méconnues au Québec. Car pour la très grande majorité des auteurs, ce genre d'événement se veut une des rares occasions de sortir de l'ombre. De délaisser le clavier d'ordinateur afin de rencontrer ceux et celles qui donnent à leur travail tous son sens. Non pas qu'ils ne veulent pas se montrer le bout du nez plus souvent. Au contraire. Mais encore faudrait-il qu'on leur en donne la chance.

Au Québec comme ailleurs dans le monde, le showbiz est d'abord et avant tout une question d'image. À la télé, à la radio, dans les journaux ou encore dans les revues à potins, on accorde de l'importance aux vedettes. Celles que le public reconnait facilement. Le hic, c'est que les auteurs sont aux antipodes de ces artistes. À preuve, je vous mets au défi de mettre la main sur un gaminet à l'effigie Marie Laberge, sur un foulard de Victor Lévy-Beaulieu ou sur un bumper sticker de Rafaële Germain.

Pour eux, difficile de rivaliser avec un acteur en vogue, un chanteur qui profite allègrement de la convergence ou un humoriste qui vend des dizaines et des dizaines de milliers de billets de spectacle. Le marché québécois de l'édition étant ce qu'il est, un livre qui franchit le cap des 5 000 exemplaires vendus est considéré comme un best-seller. Pas très «winner», me direz-vous.

Pourtant, les auteurs sont aussi de ceux qui contribuent positivement à maintenir le sentiment d'appartenance de tous et chacun à la société québécoise. Par leurs recherches et leur imagination, ils permettent aux nouvelles générations d'en savoir un peu plus sur ceux et celles qui les ont précédés. Ils sont les chevaliers de l'histoire, de notre mémoire collective.

Au même titre que les rois de la musique pop, que les joueurs de hockey, que les humoristes ou que les incontournables du grand écran, ils méritent qu'on prenne le temps de leur dire merci.

Au cours des prochains jours, nombreux seront les passionnés de lecture qui se rendront au SILQ afin de rencontrer leur auteur préféré. Le temps d'une dédicace, d'un regard ou de quelques mots, ils auront l'impression que ce dernier est là uniquement pour eux. Comme un ami. Et si le principal intéressé va jusqu'à s'informer du nom de son interlocuteur afin de personnaliser la note, c'est l'apothéose.

Si ce n'est pas pour l'argent, pourquoi les auteurs font-ils tout ça? La passion. Vous en doutez? Posez-leur la question. Ils prendront tout le temps qu'il faut pour vous le confirmer.

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