Un leader flexible et consensuel
Mercredi dernier, M. Alain Loubier, conseiller municipal du district de Limoilou, a livré la position du RMQ relativement à la révision de la gouvernance municipale proposée par la commission Mercure.
Alors que cette commission, mandatée par le maire Labeaume, propose de ramener de huit à six le nombre d’arrondissements et de 37 à 24 le nombre de conseillers, le RMQ suggère plutôt quatre arrondissements et 28 conseillers. Selon M. Loubier, cette nouvelle structure aurait l’avantage de créer des arrondissements de taille similaire, tout en comptant un nombre égal de conseillers dans chaque arrondissement.
Cette nouvelle approche du RMQ est beaucoup plus réaliste que celle défendue lors de la création de la commission Mercure, alors qu’il s’opposait à toute réduction du nombre de conseillers. Certains diront, non sans raison, qu’il s’agit là d’une victoire pour le maire Labeaume et son équipe. On peut aussi y voir une bonne dose de réalisme politique du RMQ, à la suite des sondages démontrant l’appui de la population à une réduction de la taille du conseil municipal et aux économies qui en découlent.
Au-delà de ces considérations politiques, la proposition du RMQ mérite d’être analysée sérieusement, parce qu’elle rejoint les objectifs d’efficacité et d’économies du maire tout en corrigeant certaines faiblesses du rapport Mercure. Dont, la disparité de la taille des arrondissements et le danger que représentent des conseils d’arrondissement constitués de trois personnes. Situation dénoncée avec raison par l’ACQ. Par ailleurs, les coûts additionnels causés par le maintien de 28 conseillers plutôt que 24 seraient sûrement compensés par des économies générées par la disparition de deux autres arrondissements.
La structure proposée par le RMQ peut engendrer certaines difficultés d’application. Plutôt que de se servir de ces difficultés comme autant d’arguments pour rejeter cette proposition, il faudra plutôt tenter de la rendre réalisable en les aplanissant et en s’assurant qu’elle correspond aussi aux critères démocratiques recherchés par la commission Mercure. Une fois cela fait, il faudra profiter de l’occasion pour rebaptiser chacun des nouveaux arrondissements en se débarrassant enfin de toute référence au nom des anciennes villes. Il est temps que les citoyens se rendent compte que leur ville s’appelle Québec et non Charlesbourg, Beauport ou Sainte-Foy.
La victoire de notre maire ne se concrétisera donc pas en s’attachant à la lettre du rapport Mercure. Sa véritable victoire est déjà acquise par le changement de position du RMQ dans ce dossier. À lui maintenant de profiter de l’occasion pour faire les bons compromis et s’imposer comme un chef, qui sait rallier les gens de toutes les allégeances autour d’un consensus qui contribuera à l’atteinte de ses autres objectifs à savoir l’efficacité, l’efficience et la modernité de la Ville ainsi que la fierté de tous ses citoyens. La victoire personnelle de Régis Labeaume sera d’avoir démontré ainsi qu’il est un homme capable de flexibilité, lorsqu’on fait preuve du pragmatisme auquel il se réfère régulièrement.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)