Daniel Turgeon, assistant-chef en opérations alimentaires à la cafétéria de l'hôpital Saint-François d'Assise, montre l'impressionnant chaudron de 500 litres qui réchauffe et refroidit les aliments.
(Photo: Véronique Demers)
Encore de la malbouffe dans les hôpitaux
Seulement 15% des ventes proviendraient du casse-croûte
En plus d'être le centre névralgique de la production de repas pour les patients du CHUQ, la cuisine de l'hôpital Saint-François d'Assise sert à produire des plats pour sa cafétéria et son casse-croûte.
L'assistant-chef en opérations alimentaires, Daniel Turgeon, évalue que les ventes provenant du casse-croûte représentent seulement 15% du chiffre d'affaires; les 85% restants proviennent de la cafétéria. «Les clients peuvent choisir en toute connaissance de cause», dit-il.
Si une personne devait trancher quant au fait de retirer la malbouffe des hôpitaux du CHUQ, ce serait Anne Gignac, coordonnatrice des services alimentaires.
«Le comité des usagers et le conseil d'administration se joindraient aussi à cette prise de décision», ajoute Pascale St-Pierre, conseillère en communication au CHUQ.
Menu «syndical»
En entrevue avec le Québec Hebdo, Daniel Turgeon a expliqué que le menu «syndical» était ainsi surnommé en raison des conventions collectives des employés. «Dans la convention collective, un menu complet doit être élaboré avec un prix ne devant pas dépasser un certain montant, c'est-à-dire à moins de 5$», explique M. Turgeon.
Le menu de la cafétéria respecte les normes du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). Chaque jour, à l'hôpital Saint-François d'Assise, les employés préparent de 450 à 500 repas complets.
Daniel Turgeon croit que le casse-croûte va disparaître au moment où le gouvernement va légiférer. «Il y a beaucoup d'éducation à faire pour présenter un menu santé à moins de 5$. Le casse-croûte peut être repensé d'une autre façon; ça pourrait prendre la forme d'une sandwicherie avec, par exemple, des paninis aux légumes grillés. Dans 20-25 ans, ça devrait se faire, Monsieur Patate va disparaître. À la place des jeunes, j'investirais pas dans ce genre d'entreprise-là», commente celui qui cumule plus de 30 ans de métier dans les cuisines d'hôpitaux.
«Dans 20-25 ans, ça devrait se faire; Monsieur Patate va disparaître»